Angers : la brigade des mineurs décimée par les arrêts maladie

Elle a forcé la porte avec l'aide d'un serrurier. / © France Televisions-Christophe François
Elle a forcé la porte avec l'aide d'un serrurier. / © France Televisions-Christophe François

C'est une information de la direction départementale de la sécurité publique et des syndicats. Cinq des sept agents de la brigade de protection des familles (ex-brigade des mineurs) d'Angers sont en arrêt maladie depuis le début de la semaine.
 

Par Céline Dupeyrat avec AFP

Ils sont au bout du rouleau. Cinq des 7 agents de la brigade de protection des familles sont en arrêt maladie depuis le début de la semaine. une véritable hécatombe dans le service.

"Cela fait des mois qu'on attire l'attention de notre hiérarchie sur le situation de cette brigade, dont la charge de travail ne cesse de s'accroître. A effectif identique, le nombre de dossiers traités est passé de 500 en 2015 à 600 cette année mais la nature même des affaires et des procédures s'est alourdie", a expliqué Philippe Boussion, secrétaire régional Unité SGP Police. Il évoque des agents "épuisés mentalement et physiquement"
  

"Un  problème conjoncturel" 


Violences sur mineurs, sexuelles ou non, femmes battues, disparitions inquiétantes. La brigade de protection des familles intervient sur toutes les formes de violences en milieu familial, qui sont en augmentation en Maine-et-Loire, reconnaît le procureur de la République d'Angers, Yves Gambert.
    
Le directeur départemental de la sécurité publique de Maine-et-Loire Xavier Gay-Heuzey a évoqué auprès de l'AFP un "problème conjoncturel", à savoir "l'accumulation de dossiers sensibles, avec une charge émotionnelle forte". Il souligne aussi un contexte structurel : "la complexification des procédures" et "une meilleure prise en compte aujourd'hui des problèmes intra-familiaux".
  

Une augmentation des violences à caractère sexuel


Selon Yves Gambert, "la vague d'arrivée de mineurs non accompagnés a pesé. L'augmentation des violences à connotation sexuelle -inceste, viols, pédophilie, celles-là mêmes qui demandent du temps et esquintent le plus".
    

Ces agents travaillent sur une matière très sensible pour laquelle ils ne peuvent pas se rater, au risque d'aggraver des situations. Comme un médecin généraliste pour un diagnostic. Mentalement, c'est dur- Philippe Boussion SGP-FO

Le syndicat de police SGP-FO réclame aujourd'hui un "appui psychologique".
  
 Xavier Gay-Heuzey souligne qu'"un soutien psychologique individuel et anonymisé est possible 24h/24  pour les agents" et que "des debriefings collectifs peuvent être organisés dans n'importe quel service qui le demande". Selon lui, les agents devraient reprendre leur travail la semaine prochaine.
 

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