Angers : le diocèse dépoussière sa communication dans une vidéo façon Brut pour récolter des fonds

Une initiative originale lancée par le diocèse d'Angers pour récolter des dons. Il a réalisé une courte vidéo, humoristique et décalée. Diffusée sur Internet elle est destinée aux jeunes générations.

Le diocèse d'Angers dépoussière sa campagne de communication pour le Denier du culte
Le diocèse d'Angers dépoussière sa campagne de communication pour le Denier du culte © France Televisions

On a une vision de l'Eglise plutôt classique lorsqu'elle lance un appel aux dons auprès des paroissiens. Mais depuis quelques jours, une vidéo du diocèse d'Angers apporte un sacré coup de jeune à ce genre de campagne. 

Cette fiction met en scène un prêtre, contraint de travailler dans un supermarché, en plus de son ministère. Une vision délirante de ce que serait l'Eglise sans denier du culte. 

L'idée est née dans ce bureau qui supervise la collecte au sein de l'évêché.

"Notre brief de départ c'était d'avoir un message presque de science-fiction, explique Anne-Laure Lenoir, responsable des ressources financières au Diocèse  d'Angers, une preuve par l'absurde, vraiment pour faire réagir, peut-être pour choquer aussi un petit peu et que les jeunes se disent : ah non, c'est pas possible, on ne peut pas laisser faire ça, ce n'est pas ce qu'on veut pour notre église de demain".

Rajeunir les donateurs est devenu une nécessité

Aujourd’hui, 80% des donateurs ont plus de 70 ans. Leur nombre diminue. A contrario du montant des dons, en augmentation.

Or sans cette manne financière, le traitement des prêtres ne serait plus assuré.

Pour sensibiliser un public plus jeune, le Diocèse a donc choisi un ton décalé et inattendu pour imaginer la situation des prêtres sans le bénéfice du denier du culte. Pour rappel, c’est la seule source de financement du traitement des prêtres et des laïcs en mission, gérée par chaque diocèse. En Anjou, par exemple, les prêtres touchent 950€ par mois de traitement.

Un ton résolument décalé... Quitte à froisser les esprits les plus traditionnels.

"Toute vidéo, toute création, et surtout lorsqu'elle est décalée, et qui cherche à provoquer par l'absurde, peut créer des incompréhensions, reconnait Pascal Batardière, vicaire général du Diocèse Angers, on a eu très très peu de réactions négatives, au contraire, j'ai des confrères ou des collègues d'autres départements, d'autres diocèses, qui m'ont dit : comment ça se fait qu'on n'avait pas eu l'idée de ça plus tôt".

Avec plus de 100 000 vues en quelques jours sur les réseaux sociaux, cette vidéo, tournée dans une supérette du centre d’Angers et jouée par un comédien, pourrait bien devenir culte. 

La campagne vidéo visible sur Facebook et YouTube est programmée sur six mois. Deux nouvelles vidéos devraient être mises en ligne en septembre et décembre prochain pour relancer les dons.

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