Angers : quel avenir pour la friche industrielle Technicolor ?

L'usine Technicolor est fermée depuis 2012 / © France 3
L'usine Technicolor est fermée depuis 2012 / © France 3

Fermée depuis 2012, l’avenir de l’usine Technicolor est incertain. Si Angers Loire Métropole s’est portée acquéreur du site, elle est engagée dans un bras de fer avec le mandataire liquidateur concernant la dépollution du site. 

Par FE avec Eric Aubron

Si la plupart des machines ont été vendues, les ateliers n'ont pas bougé depuis bientôt 6 ans. Dans cette usine aujourd’hui déserte de 70 000 mètres carrés, l'activité a laissé des traces.

Plusieurs études révèlent que des résidus de solvants et d'hydrocarbures sont toujours présents dans le sol, malgré la mise en sécurité d'une partie du site. "Il y a encore une partie du sol à dépolluer", explique Jean-Pierre Bernheim, Vice-Président d'Angers Loire Métropole, en charge du développement économique.

Jusqu'à 3 500 salariés


Créée à la fin des années 50, Thomson Angers a embauché jusqu'à 3 500 personnes, à l'âge d'or de la fabrication des écrans à tube cathodique. Une vaste chaîne où tout était assemblé : des circuits imprimés aux coques plastiques. Une époque où les normes environnementales étaient moins strictes.
"On utilisait des produits relativement toxiques. Je me souviens, les montants de fenêtre en alu étaient piqués au bout de quelques années d’exploitation de ces circuits imprimés", confie Odile Coquereau, ex-déléguée CGT Thomson Angers.

Après des mois de lutte, le tribunal de Nanterre prononce en octobre 2012 la liquidation de l'usine Thomson Angers, devenue Technicolor en 2000. 350 salariés perdent leur emploi.

Qui va payer la facture de la dépollution du site ?


L'agglomération qui s'est portée acquéreur de l'usine est engagée dans un bras-de-fer avec le liquidateur judiciaire concernant la prise en charge de la dépollution du site. La facture pourrait se monter jusqu'à 4 millions d'euros.

Le préfet devrait prochainement débloquer le dossier en contraignant le liquidateur à dépolluer l'usine. En attendant, la friche coûte cher : des millions d'euros ont déjà été dépensés en gardiennage.

► Le reportage d'Eric Aubron et Gwenaël Rihet

 

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