Attaque de Villejuif : l'assaillant avait fait ses études à Angers

© CHRISTOPHE PETIT TESSON/EPA/Newscom/MaxPPP
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Pourquoi le jeune homme a-t-il poignardé des passants vendredi dans un parc près de Paris? Deux jours après l'attaque de Villejuif, le profil et la radicalisation
de ce jeune converti à l'islam, ancien étudiant brillant à Angers atteint de troubles psychiatriques, sont au coeur de l'enquête.

Par CD avec AFP

En dépit de zones d'ombre, son portrait commencet à se dessiner.
    
Né en 1997 aux Lilas (Seine-Saint-Denis), Nathan C. est décrit par sa famille comme ayant présenté très tôt de "hautes capacités intellectuelles", mais aussi une souffrance psychique précoce. 
    
Il a fait l'objet d'un suivi psychiatrique dès l'enfance et a été hospitalisé à plusieurs reprises, parfois "à la demande de ses parents", a indiqué Laure Beccuau, procureure de Créteil.

Des études de commerce à Angers


Après un parcours scolaire "normal" jusqu'au bac, il a réussi à intégrer l'ESSCA, une école de commerce très réputée à Angers. 
    
D'anciens camarades, qui ont souhaité garder l'anonymat, ont décrit à l'AFP un étudiant qui "faisait du basket", "agréable, le genre de mec sympa avec qui on déconne dans les couloirs".
    
Aucun n'a eu connaissance d'un suivi psychiatrique ou d'éventuelles convictions religieuses. "Jamais je ne me serais dit qu'il ferait un jour ce genre de chose car il semblait normal", a résumé l'un d'eux.
    
Au bout d'un an, Nathan C. a cependant arrêté cette formation, indiquent ses anciens camarades. "Ce qui va créer des obstacles à la poursuite de ses études, c'est à la fois ses problèmes psychologiques et des problèmes d'addictions à divers produits stupéfiants", a souligné la procureure.
    
Hospitalisé à Sainte-Anne à Paris au printemps, Nathan C. était sorti en mai avec un traitement médicamenteux qu'il avait arrêté en juin.
     

Converti en 2017 

Revenu en région parisienne depuis plusieurs années, il vivait dans un immeuble de briques situé dans une rue tranquille du XIVe arrondissement, non loin du domicile de ses parents.
    
Le jeune homme s'était converti à l'islam "en mai ou juillet 2017", selon le parquet de Créteil. Pour autant, la question de sa radicalisation restait posée dimanche.

Vendredi, le jeune homme de 22 ans, vêtu d'une djellaba bleue, a frappé avec un couteau plusieurs personnes dans un parc de cette commune au sud de Paris, tuant un passant et blessant deux femmes, avant d'être abattu par la police.
    
A l'issue des premières investigations, le parquet national antiterroriste s'est finalement saisi du dossier, relevant sa "radicalisation certaine" et une "préparation organisée de son passage à l'acte".

 

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