Coronavirus : les animaux victimes collatérales du confinement, les refuges vont rouvrir sous conditions

Chiens, chats et autres animaux de compagnies abandonnés, les mauvais gestes ne cessent pas en ces temps de confinement, à la demande la SPA, les refuges vont pouvoir permettre les adoptions sous certaines conditions.
Un jeune chat destiné à l'adoption dans un refuge de la SPA
Un jeune chat destiné à l'adoption dans un refuge de la SPA © Joël Saget / AFP
"Des gens sont persuadés que leurs animaux de compagnie allaient leur transmettre le virus pour justifier des abandons, dans les régions très impactées par le coronavirus on a vu des familles abandonner les animaux de leurs parents décédés..."

Korri est "famille d'accueil" pour animaux abandonnés et s'inquiète beaucoup avec ses amis de l'association refuge "un cœur sans toit" à Angers pour tous ces animaux à la dérive. "Les bébés chats arrivent en force, c'est la saison pour les chattes qui n'ont pas été stérilisées."
 

Plus de 5000 animaux à adopter

La SPA a tiré la sonnette d'alarme auprès du gouvernement. La situation va juste devenir intenable dans les semaines qui viennent pour ses refuges.

A partir de jeudi, "une tolérance sera accordée" dans les déplacements malgré le confinement pour les personnes souhaitant adopter un animal en refuge, annonce ce samedi 11 avril le ministère de l'Intérieur.

"Après trois semaines de confinement, "on compte 5.000 animaux dans nos refuges pour une capacité de 6.800. Il nous reste 1.800 places ce qui correspond à 15 jours d'activité", alertait lundi dernier Jacques-Charles Fombonne, le président de la SPA.
 

Des règles strictes pour se rendre aux refuges

"Afin de remédier à cette situation, sur proposition de la cellule interministérielle de crise, il a été décidé qu'une tolérance sera accordée concernant les déplacements pour l'adoption d'animaux en refuge", annonce le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

Des "règles strictes" devront toutefois être respectées : l'animal devra être choisi en amont sur le site internet de la SPA, un rendez-vous précis sera fixé et le refuge de la SPA concerné émettra une attestation dématérialisée comportant l'horaire du rendez-vous.

En se rendant au rendez-vous, le candidat à l'adoption devra se déplacer seul et être muni, en plus de l'attestation délivrée par la SPA, d'une attestation de déplacement dérogatoire pour "motif familial impérieux".
 

Adoption sur rendez-vous avec la SPA

Pour Anne-Marie Fraudeau, la présidente de la SPA de la Loire-Atlantique à Carquefou, ces conditions draconiennes ne sont pas un obstacle.
"La personne oriente son choix vers un animal sur notre site web et prend contact avec nous, nous lui faisons remplir un questionnaire pour voir quelles sont les conditions d'accueil, enfants, autres animaux, logement, etc.

Si les conditions sont remplies, nous lui donnerons rendez-vous, à raison d'une personne par heure, au refuge. La personne devra venir avec masque et gants, tout en respectant les mesures barrières. Nous lui présenterons l'animal et la laisserons avec un moment. Ensuite nous déciderons ensemble si l'adoption peut aboutir."

 

Des règles inadaptées pour une adoption réussie ailleurs

Pour Julie Briand, responsable du refuge des chiens de Un cœur sans toit, à Doué-la-Fontaine, la procédure est inapplicable.
"Le choix sur internet... non ! Nous demandons aux personnes de venir voir l'animal qu'elles souhaitent adopter. Ensuite nous nous rendons au domicile pour voir comment la famille, et comment les lieux, vont permettre cette adoption dans de bonnes conditions. Pour des conseils relatifs à l'arrivée de l'animal, comment se comportent les enfants, voir si la clôture du jardin est adaptée et permettre l'adoption. Et parfois nous refusons !"

Une procédure plus complexe destinée à réussir l'adoption de l'animal pour lui-même et les adoptants, que n'envisage pas la note du ministère de l'Intérieur. "Pour nous avec nos 150 chats et 150 chiens, cela ne change rien !" conclut Julie Briand.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
confinement : conseils pratiques santé société animaux nature