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Urgences en grève à Angers : “on est à la limite de l'erreur médicale”

Des pointes de 200 entrées certains jours aux urgences d'Angers / © Maxppp
Des pointes de 200 entrées certains jours aux urgences d'Angers / © Maxppp

Saturation des urgences, des brancards qui s'accumulent, des patients qui attendent, des personnels en souffrance, les urgences du CHU d'Angers étouffent. Trois syndicats appellent à la grève ce jeudi 2 mai.

Par Olivier Quentin

Dernière minute 15h30 jeudi 2 mai : Le mouvement de grève aux urgences d'Angers est reconduit jusqu'au 9 mai (journée nationale de défense du service public).
Reçue par la Direction Générale du CHU, la délégation des syndicats estime n'avoir obtenu aucun engagement de celle-ci pour améliorer la situation. Un comité de grève va être créé pour proposer des actions dès lundi prochain afin d'alerter la population sur les conditons de fonctionnement des urgences d'Angers.



Les urgences de Nantes sont en grève depuis le mercredi 1er mai. C'est au tour de celles d'Angers de dénoncer le manque de moyens et les dangers que cela fait planer sur les soins. 

Ce jeudi 2 mai, les personnels des urgences du CHU d'Angers sont appelés à se mettre en grève au moins pour la journée, une Assemblée Générale décidera de la reconduction ou non du mouvement.
 

Des brassards pour les grévistes


Trois syndicats Sud, FO et la CGT sont à l'initiative de cette grève. Un rassemblement est prévu en fin de matinée devant les urgences pour que ce mouvement soit un peu connu du public. Car en fait, avec les assignations, la grève sera quasi invisible. Certains personnels porteront un brassard pour signaler qu'ils sont en grève... tout en travaillant.

Cette action s'inscrit dans une problématique nationale, Angers n'est pas le premier hôpital à dénoncer un manque de moyens aux urgences. L'afflux de patients se heurte à des effectifs et des structures qui ne suivent pas.

A Angers, il y a certains jours des pointes de 200 entrées. "Il y a quelques jours raconte Christian Lemaire du syndicat Sud, on a eu 90 patients en attente dans le service des urgences. Il y avait des patients et des brancards dans tous les couloirs."

Selon ce syndicat, la politique actuelle de favoriser l'ambulatoire et de fermer des lits a pour conséquence d'engorger les urgences. 
 

on peut passer à côté d'un patient qui se dégrade...


"Dans de telles conditions explique Christian Lemaire, on peut passer à côté d'un patient qui se dégrade, on est fréquemment à la limite de l'erreur !"

S'ajoute à cela la souffrance des personnels. Le travail perd de son sens : "On est sur des soins techniques, on n'a pas le temps de parler avec les patients ou leur famille."
 

Deux infirmières en arrêt pour épuisement


Deux infirmières des urgences sont actuellement en arrêt de travail pour épuisement selon le syndicat Sud qui demande au minimum le remplacement de tous les arrêts qui viennent s'ajouter au manque d'effectif chronique.

Les syndicats espèrent être reçus par la direction dans la journée. Ils rappelleront leurs revendications :

- Remplacement de tous les arrêts de travail au un pour un, sans délai.
- Création de postes d'infirmiers et d'aides-soignants.
- Création d'un poste de brancardage.
- Obtention de l'indemnité de 1ère catégorie à taux plein.
- Augmentation du nombre de lits d'aval en urgences.

Dans un communiqué la direction du CHU d'Angers estime que : " le mouvement de grève au sein des urgences angevines s’inscrit dans le mouvement national, il n’en reste pas  moins que les établissements peuvent apporter des solutions locales à des problèmes locaux".

La direction en profite pour rappeler les engagements pris le 23 avril dernier: 

-
Le renfort à hauteur de 2 postes aux urgences.
-L'étude des modalités de renfort nécessaire en cas d'affluence.
-La possibilité de consacrer une unité saisonnière à l'accueil post-urgences pour répondre à la problématique des lits d'hospitalisation.
-L'affectation d'un des brancardiers de l'équipe mutualisée au seul service des urgences.


  

 

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