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Saint-Aignan-sur-Roë, près de Château-Gontier : 29 soeurs quittent leur congrégation

Mais que se passe-t-il au couvent de Saint-Aignan-de-Roë ? / © France 3 Pays de la Loire
Mais que se passe-t-il au couvent de Saint-Aignan-de-Roë ? / © France 3 Pays de la Loire

Il ne reste plus que cinq sœurs de la congrégation des Petites sœurs de Marie à Saint-Aignan-sur-Roë, à une trentaine de kilomètres de Château-Gontier, en Mayenne. En désaccord avec leur autorité, les 29 autres ont choisi de quitter la congrégation...

Par FB avec AFP

Le diocèse de Laval a annoncé mardi 11 juin le départ de 29 des 35 sœurs de leur congrégation, les Petites sœurs de Marie Mère du Rédempteur, un fait rare lié à des "désaccords profonds" entre l'institut et l'évêque de Laval.

"L'Église, ne pouvant retenir contre leur gré des religieuses ou encore ne pouvant accepter des modes de gouvernement contraires à l'esprit de l'Évangile ou au bien des personnes, a donc accordé le départ de 29 soeurs sur 35", a indiqué le diocèse de Laval dans un communiqué.
    
"Malgré de nombreux efforts de médiation, aucune solution n'a pu être trouvée", a précisé le diocèse, évoquant des départs liés à "des désaccords profonds (qui) ont surgi entre la Congrégation des Petites sœurs de Marie Mère du Rédempteur et Mgr Scherrer, évêque de Laval, leur Supérieur ecclésiastique, au sujet du gouvernement exercé dans la congrégation".

Trop rigoristes, trop autonomes... c'est ce qui est reproché aux religieuses de la congrégation des Petites sœurs de Marie. 

A Saint Aignan-sur-Roë, où elles participent à la vie et à l'économie du bourg depuis très longtemps, les sœurs ​​​​​​sont cependant loin d'être considérées comme intégristes.

"Non ce n'est pas du tout de l'intégrisme", nous expliquait Loïc Pene, maire de Saint-Aignan-sur-Roë, en octobre dernier "beaucoup de gens vont à la messe, il y a des messes tous les jours. Ce n'est pas de l'intégrisme, loin de là. Ce n'est pas ressenti comme ça par les gens de la commune".
Les désaccords entre le diocèse et la congrégation ne datent pas d'hier selon l'institut, qui rappelle qu'en 2010, à l'issue d'une première visite canonique de l'évêque de Laval, Mgr Thierry Scherrer, les responsables du diocèse avaient été alertés "sur des questions importantes concernant l'exercice de l'autorité et la liberté des personnes au sein de la Congrégation".

Une visite canonique effectuée par deux ecclésiastiques venus de Paris en novembre 2016 avait "débouché sur les mêmes conclusions".

Le Saint Siège voulait reprendre la main sur l'Institution. Mais pas question pour les religieuses mayennaises qui ont même refusé d'accueillir une nouvelle Mère Supérieure. 
Pour la soeur Medevielle les petites soeurs de Marie n'ont pas obéi ni à leur évêque, ni à Rome... / © Pierre-Erik Cally
Pour la soeur Medevielle les petites soeurs de Marie n'ont pas obéi ni à leur évêque, ni à Rome... / © Pierre-Erik Cally

Placées en 2017 sous l'autorité d'une congrégation romaine, une sœur auxiliatrice, Geneviève Medievelle, y a été en effet nommée "commissaire apostolique" pour exercer "temporairement le gouvernement de la congrégation en vue d'un retour à sa pleine autonomie".
Mais selon le diocèse, "certaines Petites sœurs ont, dans un premier temps, refusé  de la recevoir." 

"Lui fermant même la porte au nez durant 7 mois." 
précise la soeur Medievelle.
 
Et "les sœurs ont décidé de manière unilatérale d'arrêter sa mission" et "d'organiser un Chapitre pour nommer une nouvelle supérieure, Chapitre qui n'est pas canoniquement valide", souligne le diocèse.

Bref une fronde inconcevable qui a fini sur une dernière communication entre les soeurs mayennaises et Rome :
    
Les sœurs "ont demandé à être relevées de leurs voeux" et "le Saint-Siège leur a répondu en insistant sur la gravité et les conséquences de leur demande. Elles ont maintenu leur demande", rapporte le diocèse.
    
A l'issue d'un délai de rétractation, "la congrégation est dorénavant composée de 5 sœurs" et "n'est pas dissoute", indique le diocèse.
"Mais ces questions ont aujourd'hui des conséquences sur ses oeuvres" et l' association  Myriam-Saint-Fraimbault qui regroupe les trois Ehpad de l'institut des Petites sœurs."

D'autre part certains journaliste ont évoqué une affaire financière. L'évêque aurait-il voulu récupérer les biens immobiliers de la congrégation ? 

"Complètement faux" tonne la soeur Medevielle. "Et franchement les locaux de Saint Aignan-sur-Roe au fin fond de la Mayenne ne valent pas grand-chose..." 

Mais le plus délicat reste cette menace perpétrée par les soeurs de se démettre de leurs voeux.
Sur le site internet de leur comité de soutien, les soeurs font comprendre qu'il s'agissait
en fait d'un appel à l'aide à l'attention du Pape. De quoi souligner un climat d'incompréhension et une situation douloureuse. Mais conclusion :

"Le Vatican a été très compréhensif en acceptant ce retrait" nous répond la commissaire apostolique.

Alors qu'évidemment les soeurs en souffrance attendaient  une autre réaction.
Difficile désormais pour elles de prétendre qu'on les a évincé.

Alors que vont elles devenir ?

Soeur Medieveille :
 "Ne vous inquiétez pas, elles ne seront pas à la rue. Nous avons dans nos textes ce que nous appelons le droit canon 702 qui garantit aux partantes équité et charité. Elles seront aidées financièrement. Tout sera fait pour rendre aux soeurs leurs biens personnels. Et on leur met à disposition un logement correct."

Pas de quoi pour autant calmer le comité de soutien qui vient de faire appel à un avocat parisien.
Une plainte devrait être déposée dans les jours qui viennent contre quelques hauts responsables du Clergé.
En tout cas un dossier bien complexe qui vient perturber un peu plus la sérénité de la communauté catholique à laquelle elle aspire... 



 

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