Mayenne : le mot “suppléante” interdit sur les bulletins de vote

Un candidat écologiste aux élections sénatoriales en Mayenne s'est vu interdire la mention "suppléante" sur son bulletin de vote par "souci d'égalité" entre les candidats / © Christophe Morin - maxPPP
Un candidat écologiste aux élections sénatoriales en Mayenne s'est vu interdire la mention "suppléante" sur son bulletin de vote par "souci d'égalité" entre les candidats / © Christophe Morin - maxPPP

Un candidat écologiste aux élections sénatoriales en Mayenne s'est vu interdire la mention "suppléante" sur son bulletin de vote par "souci d'égalité" entre les
candidats, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Par FB avec AFP

"Ce n'est pas une décision misogyne. C'est juste une ultra-précaution juridique qui n'a pas beaucoup de fondement", a indiqué à l'AFP Claude Gourvil, candidat EELV, qui a comme suppléante Sophie Leterrier.
La décision de la commission de propagande, qui lui a été annoncée mardi, est "basée sur une interprétation très stricte, sans doute étriquée et ridicule, du code électoral au vu de l'évolution de la société", a-t-il souligné.

La commission en question est composée de trois membres titulaires nommés par le préfet, dont la vice-présidente du tribunal de Laval et la secrétaire générale de la préfecture de la Mayenne. "Le rôle de la commission, c'est que les bulletins n'influencent pas les votes. La question s'est posée de la féminisation. Est-ce qu'un nom féminisé influence le vote? Il y a eu discussion sur le sujet et la décision a été de respecter strictement le code électoral", a déclaré à l'AFP Anthony Boukoucha, directeur de cabinet du préfet.

Le code électoral précise dans son article R155 que le bulletin de vote doit comporter le nom de la personne appelée à remplacer le candidat élu, "précédé ou suivi de l'une des mentions suivantes : "remplaçant" ou "suppléant". Il n'est en revanche pas fait état de la version féminisée "remplaçante" ou "suppléante".

"C'est le souci d'égalité qui l'a emporté. Si on féminise, on féminise toutes les fonctions qui peuvent l'être. En l'occurrence ce n'était pas homogène", a ajouté Anthony Boukoucha.
Le candidat écologiste a indiqué qu'il se plierait "à la décision de la commission même si on trouve ça complètement anachronique".

Le sénateur écologiste de Paris Jean Desessard a quant à lui demandé au ministère de l'Intérieur de revenir sur cette décision. "Au 21ème siècle, à l'heure où la parité est enfin devenue une priorité pour le législateur, il (...) paraît inconcevable de ne pas, en toute logique, féminiser les bulletins de vote des candidates et des candidats", estime-t-il dans un communiqué.

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