Château-Gontier, Mayenne : un patron de discothèque attend patiemment sa réouverture

Le Cara Club qui marchait très bien depuis son ouverture a eu les ailes coupées avec la crise sanitaire. Mais son patron veut garder le moral. Et profite de cette fermeture pour peaufiner son établissement.

 

Maurice Derouet patron du Cara Club profite de la fermeture pour faire des travaux
Maurice Derouet patron du Cara Club profite de la fermeture pour faire des travaux © Pierre-Erik Cally

Ne comptez pas sur lui pour se plaindre. C’est un patron déterminé, et qui ne baisse pas les bras.

Pourtant le "Cara Club", comme toutes les discothèques de France, est fermée depuis le 13 mars 2020.

Elle est située dans la zone commerciale de Terre Rouge à Château-Gontier-sur-Mayenne.

C’était devenu depuis son ouverture en 2018 le lieu de rendez-vous préféré des noctambules.

Malgré tout, Maurice Derouet le gérant, préfère positiver, "tout d’abord un des motifs de satisfaction c’est que l’on a été particulièrement soutenu par Bruno Le Maire et ses services".

"Les aides de l’Etat nous permettent de tenir pour le moment notre trésorerie. Même si évidemment on ne fait plus de bénéfices précise-t-il,  et puis il y a aussi Christophe Blanchet, le député du Calvados, qui nous aide bien. Lui a été patron de discothèques, alors il connait notre situation. Et il est de la majorité présidentielle ! "

Un député en colère

Un coup de téléphone au député Modem pour vérifier qu’en effet il approuve les gestes de Bercy à l'égard des établissements de nuit.

Sa colère, en revanche, il la réserve en totalité pour le Ministère des solidarités et de la Santé.

"C’est ubuesque ! dit Christophe Blanchet, je ne comprends absolument pas cette obstination à stigmatiser les discothèques. Comme si la contamination venait des boites de nuit. On voit que ce n’est absolument pas le cas puisque depuis qu’elles ont fermées, le virus n’a pas disparu".

"Et que va-t-il se passer ? poursuit-il, cet été les jeunes vont se ruer en Italie ou en Espagne notamment à Ibiza où là tout va rouvrir le 1er juillet. C’est totalement aberrant."

Des portes fermées. Colère des patrons de discothèque : on est complètement oubliés...
Des portes fermées. Colère des patrons de discothèque : on est complètement oubliés... © Pierre-Erik Cally

D'ailleurs le patron mayennais ne pense pas autre chose, "Olivier Véran : on est vraiment rien pour lui. Pas un mot sur nous. Pourtant nos représentants avaient proposé des solutions, des procédures strictes. Mais aucune réponse !"

On dirait qu’il a une dent contre nous. Je ne sais pas, il peut-être dû se faire refuser en boite quand il était jeune

Christophe Blanchet, patron de discothèque

Ouvrier dans une fromagerie

Maurice, de son côté,  continue patiemment à préparer sa réouverture.

"De toutes façons j’avais toujours dit que je voyais pas ça avant octobre 2021. Donc je ne suis pas étonné. Moi personnellement je peux tenir 2 ans comme ça."

Alors il travaille dans sa discothèque. Il fignole la décoration. Il a créé un espace et un bar extérieurs dédiés aux fumeurs.

Courageux, il a même cet hiver travaillé comme simple ouvrier dans une fromagerie locale. "Pas question de rester à rien faire" confirme-t-il.

Selon Chantal, une collègue de l’usine de production, "c’était surprenant de les retrouver là lui et sa femme. Mais ils ont travaillé dur. Ils montraient l’exemple".

"Normal" répond-il.

"Je suis patron donc je bosse comme un patron et je n’allais pas rechigner à la tâche. Et puis je suis connu ici, il fallait garder ma réputation."

Lui attend donc de faire revivre sa sono et sa piste de danse, avant l'hiver prochain pense-t-il.

Pas de quoi quand même faire oublier le difficile équilibre de ces établissements délaissés.

En France sur les 1 650 existants, 130 sont déjà en liquidation judiciaire. A terme : pas moins de 400 devraient disparaitre.

Peur de la concurrence déloyale 

Et Maurice nourrit tout de même une crainte, "j’espère que les restaurants-bars qui vont rouvrir avant nous ne vont pas commencer à nous concurencer. Certains avant, ont essayé en prolongeant une ambiance de nuit…"

Un secteur d’activité qui fait vivre en France près de 25 000 personnes.

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