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Privée de congé maternité, ses collègues lui font don d'un mois de salaire pour rester avec son bébé

Vanessa Rouzier va pouvoir profiter de son bébé un mois après l'accouchement grâce à la solidarité de ses collègues. / © Vany Photographie
Vanessa Rouzier va pouvoir profiter de son bébé un mois après l'accouchement grâce à la solidarité de ses collègues. / © Vany Photographie

Une Mayennaise s'est vue refuser sa demande de congé maternité par le RSI. Un comble pour cette photographe spécialisée... dans les photos de grossesse et de bébés. Ses confrères lui ont fait don de l'équivalent d'un SMIC pour qu'elle puisse passer au moins le premier mois avec son bébé. 

Par Romane Idres

Vanessa n'en croyait pas ses oreilles. Ce jeudi, ses confrères et consoeurs photographes lui ont annoncé la nouvelle : elle pourra arrêter de travailler au moins un mois après son accouchement pour s'occuper de son bébé. 

Tout commence en janvier, quand Vanessa Rouzier, une Mayennaise de 28 ans, demande un congé maternité auprès du RSI, le régime social des indépendants. Pour y prétendre, il faut justifier de trois ans de cotisation. Vanessa a commencé à travailler comme photographe indépendante en juillet 2014 : a priori, elle rentre dans les clous. Problème : le RSI ne prend pas en compte ses revenus de 2017.

L'équivalent de la sécurité sociale pour les auto-entrepreneurs estime alors qu'il lui manque plusieurs mois de cotisation pour avoir droit au congé maternité à taux plein, et lui propose des indemnités plus faibles... à hauteur de 10% de ses revenus, et une petite prime de repos. Soit environ 500 euros pour trois mois. "Je paye chaque mois 24% de taxes sur mon chiffre d'affaires. J'ai l'impression de cotiser pour rien, puisque je n'ai droit à presque rien !

Un SMIC pour souffler


Avec déjà deux enfants en bas âge, Vanessa ne sait pas comment faire face. "C'est fatigant, on est tout le temps en train de se battre. Ca nous décourage, j'ai même pensé à arrêter, mais j'aime trop mon métier. Je ne vais pas me laisser abattre."

Elle en parle sur un groupe Facebook de photographes professionnels. Ses confrères s'indignent et décide d'organiser, en secret, une cagnotte sur internet avec pour objectif de récolter 1150 euros, soit un SMIC mensuel, pour lui permettre d'arrêter de travailler pendant les premières semaines après l'accouchement. En quelques jours, ils atteignent 1246 euros et annonce la nouvelle à Vanessa. "J'étais très émue, je n'arrivais pas à y croire", raconte-t-elle.

"Nous sommes beaucoup de photographes indépendantes à être aussi mamans, et ce n'est pas la première à qui ça arrive. On estime qu'un bébé doit passer les premiers jours, semaines, mois de sa vie avec sa mère. C'est insensé de lui demander de reprendre le travail immédiatement à la sortie de la maternité", s'insurge Nathalie Matherne, photographe indépendante dans l'Ain, qui a participé à la cagnotte. 


Vers un congé maternité plus égalitaire 


L'histoire permet de relancer la réflexion sur le congé maternité des travailleuses non-salariées. Auto-entrepreneuses, intermittentes, pigistes, professions libérales... Pour de nombreuses femmes, les conditions d'attribution du congé maternité sont différentes et moins avantageuses. Un chantier auquel Marianne Schiappa, secrétaire d'Etat charée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, a promis de s'attaquer rapidement. 

Elle a annoncé la création "dés cet été" d'un congé maternité "unique, pour toutes les femmes, quel que soit leur statut, quelle que soit leur activité professionnelle".

"Il faut que ça change, c'est urgent. Je ne suis pas la seule dans ce cas, j'en rencontre beaucoup.", confirme Vanessa. Elle regrette de ne pas avoir la chance de faire partie des femmes qui pourront en bénéficier mais accueille cette nouvelle avec enthousiasme. "On doit toutes avoir droit à un congé maternité. C'est pas parce qu'on a notre propre entreprise qu'on n'a pas le droit de profiter de notre bébé, on a droit de s'en occuper.


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