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Notre-Dame-des-Landes: nouvelle mobilisation des opposants samedi

Lors d'un précédent rassemblement sur le site de Notre-Dame-des-Landes le 09 juillet 2016 / © Eddy LEMAISTRE MaxPPP
Lors d'un précédent rassemblement sur le site de Notre-Dame-des-Landes le 09 juillet 2016 / © Eddy LEMAISTRE MaxPPP

Les opposants au transfert de l'actuel aéroport nantais à Notre-Dame-des-Landes en Loire-Atlantique appellent à une "mobilisation massive" samedi sur le site du projet contesté, en réponse à la menace d'une évacuation par les forces de l'ordre de la Zad et de ses occupants illégaux.

Par FB avec AFP

"Que résonnent les chants de nos bâtons" : c'est sous ce slogan que la "Coordination des opposants", regroupant une cinquantaine d'organisations, donne rendez-vous pour une marche sur la "Zad", la zone d'aménagement différé qu'ils ont rebaptisée "zone à défendre", et que Manuel Valls a promis d'évacuer à l'automne préalablement au démarrage des travaux du futur aéroport.

Les "milliers et milliers" de manifestants escomptés, invités à se munir chacun d'un bâton, doivent s'élancer en milieu de matinée du nord, du sud et de l'ouest de cette zone de 1.650 hectares pour converger vers la ferme de Bellevue, l'un des soixante lieux de vie de la Zad, où sera inauguré un hangar destiné à servir de repli et de stockage de matériel en cas d'intervention des forces de l'ordre.

Après deux démonstrations de force au début de l'année, dont l'une fin février avait réuni entre 15.000 et 50.000 opposants dans le bocage nantais, cette nouvelle mobilisation vise à "faire du bruit" et "peser sur la décision de l'État d'envahir et de vider la Zad", une "menace sérieuse" à l'approche de l'échéance fixée par le gouvernement, explique Dominique Fresneau, co-président de l'Acipa, la principale association d'opposants.

Rappel de la lutte contre l'extension du camp militaire du Larzac et d'une marche vers Paris en 1978, le bâton est "le symbole de la détermination" des opposants, pour qui "depuis plus de 40 ans, c'est un vrai pèlerinage, une marche au long cours. L'endurance, on l'a et on l'aura encore", déclare Vincent Delabouglise, membre de Copain 44, un collectif d'agriculteurs opposés à l'aéroport.

'S'opposer par tous les moyens'


En plantant leur bâton à Notre-Dame-des-Landes à l'issue de la marche, les manifestants vont faire le serment de venir le rechercher "si besoin est, et de s'opposer par tous les moyens à la mise en oeuvre de ce projet", ainsi que d'empêcher l'expulsion des habitants, agriculteurs "historiques", et des 200 à 300 occupants anticapitalistes, assure-t-il. 

La mobilisation s'annonce "massive", pronostique Vincent Delabouglise, avec "des dizaines de cars" venus de toute la France, des appels des 200 comités locaux contre l'aéroport à rejoindre le bocage, mais aussi celui du syndicat CGT du groupe de BTP Vinci, concessionnaire de l'actuel aéroport nantais et de la future infrastructure.

La date du 8 octobre, fixée dès juillet, est celle "qui paraissait la plus tactique, car plus on approche de fin octobre et de la trêve hivernale des expulsions, plus il y a de chances qu'ils (les forces de l'ordre, ndlr) ne viennent pas", fait valoir un occupant de la Zad, s'exprimant sous couvert du prénom générique "Camille".

Parallèlement à cette manifestation, les opposants poursuivent la construction de nouvelles infrastructures et la "préparation pure et simple pour défendre la Zad" en organisant notamment dimanche une "formation géante à la défense" de ce territoire, indique "Camille".

Déclaré d'utilité publique en 2008, le transfert de l'actuel aéroport de Nantes à une vingtaine de kilomètres au nord, à Notre-Dame-des-Landes, a été validé fin juin dans les urnes par les électeurs de Loire-Atlantique. Au lendemain de cette consultation, Manuel Valls s'était engagé à lancer à l'automne
les travaux de l'aéroport, en suspens depuis l'automne 2012 et la dernière tentative d'expulsion des occupants de la Zad.

Après la publication le 14 septembre des derniers arrêtés préfectoraux indispensables au démarrage des travaux, les partisans du projet, les collectivités locales qui le financent en tête, ont à nouveau réclamé à l'État de "passer aux actes" et "au plus vite" pour la réalisation de cet aéroport qui aurait dû initialement être inauguré en 2017.

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