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Pauvreté : grandes inégalités dans les villes moyennes des Pays-de-la Loire

Le centre-ville de Sablé-sur-Sarthe, où presque 1 habitant sur 5 est touché par la pauvreté. / © Franck Dubray
Le centre-ville de Sablé-sur-Sarthe, où presque 1 habitant sur 5 est touché par la pauvreté. / © Franck Dubray

Des villes côtières plus riches, et des poches de pauvreté à Châteaubriant, Sablé-sur-Sarthe ou encore Fontenay-le-Comte. Une étude de l'Insee compare la situation des 22 villes moyennes des Pays de la Loire. 8 communes sont particulièrement fragilisées.

Par Eleonore Duplay

Mieux vaut vivre à Montaigu ou aux Herbiers qu'à Sablé-sur-Sarthe ou à Châteaubriant. C'est ce qui ressort de l'étude de l'INSEE publiée ce jeudi 11 avril sur la pauvreté dans les villes moyennes, ces communes qui comptent plus de 5 000 emplois et moins de 150 000 habitants. 
Elles sont 22 dans les Pays-de-la-Loire, marquées par de fortes inégalités.

8 villes moyennes fragilisées

Déclin démographique, chômage, logements vacants. 8 villes moyennes de la région sont particulièrement fragilisées. À Châteaubriant et à Sablé-sur-Sarthe, la pauvreté touche près d'un habitant sur 5. Une pauvreté également très présente à Saumur, Fontenay-le-Comte, Evron, Luçon et La Ferté-Bernard, dans une moindre mesure. 

Outre le taux de pauvreté, ces communes cumulent plusieurs facteurs de fragilité. Ainsi, à Saumur, 18% des actifs se déclarent au chômage, 17% à Fontenay-le-Comte, contre 14% dans l'ensemble des villes moyennes. Les emplois sont également moins qualifiés : 67% d'ouvriers et d'employés à Sablé-sur-Sarthe, 63% à Luçon, alors que la moyenne des emplois les moins qualifiés se trouve à 53% pour les villes moyennes. 
Les familles monoparentales sont également plus nombreuses dans ces communes fragilisées.

On y compte aussi plus de logements vacants : jusqu'à 40% des une à deux pièces restaient inhabités à Fontenay-le-Comte au moment de l'étude. Un phénomène qui s'explique soit par une offre inadaptée, doit par des logements anciens, et chers à rénover .

Dans ces villes, les habitants sont également moins nombreux à posséder leur logement. à Saumur ou à Sablé-sur-Sarthe, moins d'un ménage sur deux est propriétaire. 

Enfin, dans ces communes touchées par la pauvreté, les habitants sont moins nombreux à avoir une voiture : à Evron, Saumur ou à Sablé-sur-Sarthe, 21 à 22% des ménages n'en possèdent pas, contre 15% pour l'ensemble des villes moyennes. Un vrai facteur de fragilité dans ces territoires moins denses, où l'offre de transports en commun est souvent inexistante, ou inadaptée aux besoins des actifs, constate le rapport.

Un bocage vendéen moins touché par la pauvreté

7% à Montaigu, 10% aux Herbiers, 11% à Challans, la pauvreté est moins présente dans les villes moyennes du bocage vendéen. Ce sont également les endroits où les écarts de niveau de vie sont les plus faibles. Dans ces villes, la ppopulation augmente et le taux de chômage est plus faible qu'ailleurs : 9% de la population des Herbiers se déclare au chômage contre 14% dans l'ensemble des villes moyennes. 

La proportion d'ouvriers reste importante ( 39% contre 33%), mais on y trouve aussi des postes de professions intermédiaires, de cadres, et professions intellectuelles supérieures ( 14%).

Les ménages sont davantage propriétaires de leurs logements, on y compte plus de familles avec enfants, et les habitations sont généralement plus grandes que dans les autres villes moyennes. Dans ces villes du bocage vendéen, seuls 8% des habitants ne possèdent pas de voiture, et ils sont également nombreux à travailler hors de leur ville de résidence ( 58% des actifs à Montaigu).
 

Un littoral plus aisé et plus âgé

Dans les villes moyennes du littoral, la pauvreté ne touche que 8 à 10% de la population, le niveau de vie est globalement supérieur, mais les disparités y sont plus marquées qu'ailleurs. Saint-Brévin, Pornic, Saint-Hilaire-de-Riez, et Les Sables-d'Olonne connaissent toutes une croissance démographique comprise entre +1% et +1,3% par an. Le chômage y est aussi plus bas ( 10 à 12% des actifs), à l'exception des Sables-d'Olonne ( 16%).

Les habitants sont plus âgés, et pour la moitié des ménages, le référent est à la retraite.
Conséquence du niveau de vie élevé et de cette population plus âgée qu'ailleurs, 70% des ménages y sont propriétaires, et 4 logements sur 5 sont des maisons. 
Les résidences secondaires représentent près de la moitié des logements de ces communes du littoral, alors qu'elles sont quasiment absente des autres villes moyennes.

Laval et La Roche-sur-Yon : de fortes inégalités

De plus grande taille, ces deux villes moyennes retrouvent des caractéristiques des grandes agglomérations : les différences de niveau de vie y sont ainsi plus marquées qu'ailleurs.

La pauvreté touche 15% des ménages, et le taux de chômage y est élevé : 17% à La Roche-sur-Yon, 13% à Laval.

La population y est jeune, et compte plus de personnes vivant seules, ce qui s'explique par la présence de formations de l'enseignement supérieur.

Les emplois qualifiés y sont aussi plus concentrés : 43% de cadres, professions supérieures ou intermédiaires à La Roche-sur-Yon, 44% à Laval, contre 38% sur l'ensemble des villes moyennes. 

On y trouve également moins de propriétaires, et plus de logement social.


Situation intermédiaire à Cholet


Sur le plan démographique, Cholet ressemble à Laval ou La Roche-sur-Yon, avec plus de 50 000 habitants. le taux de chômage élevé, à 16%, se rapproche également de celui de ces deux villes moyennes de grande taille, tout comme le niveau de vie médian. Cependant, les ménages y sont plus souvent propriétaires, et les logements plus grands. 


 



 

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