La Roche-sur-Yon : démantèlement de Michelin, la fin d'une aventure industrielle qui a duré près de 50 ans

Depuis le mois de septembre, jour après jour, les quelques 200 machines qui occupaient 6 hectares du site Michelin sont démontées, réduites en pièces pour être transférées ailleurs en Europe ou mises à la ferraille. Ce chantier d'envergure devrait durer 6 mois. 

Michelin La Roche-sur-Yon - 6 hectares de l'usine vont être vidés de leurs machines
Michelin La Roche-sur-Yon - 6 hectares de l'usine vont être vidés de leurs machines © Damien Raveleau - france télévisions
Les anciens hangars qui abritaient les lignes de production commencent à se vider. Mais cela prendra du temps. Le chantier occupe 40 personnes à plein temps et devrait se prolonger jusqu'en février 2021, normalement. 
Les ex-salariés de Michelin, eux ne reviennent pas sur le site. Trop douloureux. Pas la peine d'en rajouter.

Beaucoup sont suivis, à quelques centaine de mètres de là, dans un endroit "neutre", par un cabinet chargé de les réorienter, les reclasser.
Sur les 619 ex-salariés, 280 participent à des ateliers collectifs, des entretiens individuels, avec la ferme intention de rebondir.

Même si ce n'est pas simple.

Dans leur malheur, la crise sanitaire et le confinement ont eu du bon. Certains ont pu profiter de devoir rester à la maison pour couper les ponts avec Michelin. Pour d'autres c'est moins évident.

"Une fermeture d'usine c'est comme un deuil, certains ont du mal à passer à autre chose, l'accompagnement ne fait pas tout"  lance Nicolas Robert, secrétaire du CSE et délégué syndical Sud. D'autant que tout, autour d'eux, change tellement vite...

Quand la fermeture de l'usine a été annoncée, il y a un an, le contexte économique était bien différent de ce qu'il est aujourd'hui. "À l'époque, le bassin d'emplois était dynamique. Il y avait 900 emplois possibles. Aujourd'hui on en est à moins de deux cents, principalement dans l'agroalimentaire. Bénéteau recrutait, maintenant il licencie...." note Nicolas Robert, secrétaire du CSE et délégué syndical Sud.

71 personnes ont retrouvé un CDI chez Cougnaud, la Boulangère, K-Line et Maître-Coq, 133 sont partis à Cholet dans l'usine cousine, 75 sont désormais en retraite. Reste que pour les 280 personnes en phase de reclassement l'avenir est incertain.

Peut-être retrouveront-ils un emploi sur le site même de leur ancienne usine ?

Pas question en effet de le laisser en friche les 30 hectares dévolus depuis 48 ans à la fabrication de pneus pour poids-lourds.

Luc Bouard, le maire de la ville et président de l'agglomération souhaiterait voir s'y installer un "pôle de compétitivité dédié aux énergies nouvelles",  avec à la clé, un millier d'emplois. On parle aussi d'un projet de station station-service à hydrogène.
Rien n'est encore défini.

La mairie, la Région, la direction de Michelin doivent se réunir en octobre pour, justement, évoquer l'avenir du site.
 
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