La colère des associations d'automobilistes : 58 % des excès de vitesse en dessous de 5 km/h.

Publié le Mis à jour le
Écrit par Yann Ledos .

58% des excès de vitesse verbalisés en France sont inférieurs à 5 km/h, c'est le chiffre révélé par le ministère de l'Intérieur la semaine dernière qui agite les associations de défense des automobilistes.

Tout est parti d'une question posée au ministère de l'Intérieur par une sénatrice LR (Les Républicains). Françoise Dumont, élue du Var, posait le 8 avril 2021 la question suivante au gouvernement : "  Afin de brosser l’état réel de la situation, je vous demande de bien vouloir me préciser le nombre de procès-verbaux établis, année par année, depuis 2010, pour des excès de vitesse compris entre un et dix kilomètres par heure au-delà de la vitesse autorisée, en ville, d’une part, (vitesse limitée à 50 km/h maxi) et hors agglomérations, d’autre part. "

La question aura mis un an avant d'obtenir une réponse. C'est désormais chose faite depuis le 21 avril dernier et le moins que l'on puisse dire, c'est que les résultats communiqués font bondir les associations de défense des automobilistes :  58 % des contraventions pour excès de vitesse dressées au cours de la dernière décennie concernaient des dépassements de moins de 5 km/h .

Autre donnée, plus de 95 % des excès de vitesse sur la même période sont inférieurs à 20 km/h.

Les associations d'automobilistes enragent

Pour 40 millions d'automobilistes, association basée au Mans, ces chiffres sont la preuve que les systèmes de radars, mis en place pour lutter contre les excès de vitesse et renforcer la sécurité routière, sont avant tout un moyen de " renflouer les caisses de l'État ".

Dans un communiqué, l'association mancelle indique que les automobilistes sont " victimes d’une répression à outrance des dépassements de la limitation de vitesse depuis le développement du système de contrôle-sanction automatisé dans les années 2000. "

Ce sont souvent des fautes d'inattention et, en aucun cas, une volonté de dépasser la limite de vitesse autorisée. Nous sommes le seul pays d'Europe où il y a un permis à points à prévoir des sanctions pour ces petits excès de vitesse, en dessous de 10 km/h.

Laëtita Hooghiemstra

Secrétaire générale de 40 millions d'automobilistes

Selon Laëtita Hooghiemstra, secrétaire générale de 40 millions d'automobilistes, la politique de la Sécurité routière aujourd'hui " est essentiellement rentière et non pas sécuritaire, on veut avant tout prendre de l'argent aux automobilistes. Il n'y a plus de prévention."

L'association milite pour une réorientation radicale de la politique de sécurité routière pour lutter contre l'alcool et les stupéfiants au volant ou encore le téléphone portable qui sont, selon elle, bien plus accidentogènes que des petits excès de vitesse involontaires. Pour  Laëtita Hooghiemstra, il n'y a pas de pédagogie : si on met en place une opération de sécurité routière, c'est pour que les gens ne recommencent pas. Malheureusement, on ne sanctionne là que des fautes d'inattention." L'association demande à ce que ces petits excès de vitesse ne fassent plus l'objet de retrait de points sur le permis de conduire.

Toujours selon 40 millions d'automobilistes, malgré la multiplication des radars automatiques et des amendes pour excès de vitesse qui en découlent, la mortalité routière (hors période de confinement) n'a plus baissé de façon significative depuis près de dix ans.

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