Assises de la Sarthe : « Je ne suis pas un monstre, je n’ai tué personne. » se défend Jean-François Ornano

La salle d'audience des Assises de la Sarthe lors du procès Guittard / © Sofiane Aissaoui, France 3 Maine
La salle d'audience des Assises de la Sarthe lors du procès Guittard / © Sofiane Aissaoui, France 3 Maine

La septième journée du procès Guittard aux assises de la Sarthe se concentre ce mardi sur Jean-François Ornano, l’un des accusés. Ornano est revenu sur ses déclarations en garde à vue : il accuse désormais Touria Rafjaoui d’avoir fourni une arme à son ex-femme, Magalie Pinardaud.
 

Par Sofiane Aissaoui

« J’en ai marre de tout ça. J’ai une déclaration à faire. » 
Dans le box des accusés, Jean-François Ornano se lève. L'air usé, il demande la parole au président de la cour. Pendant plusieurs minutes, l’homme s’explique : « Vous savez, les journées d’aujourd’hui et hier ont été horribles. Tout le monde pense que Touria n’a rien fait ! »

Jean-François Ornano a changé plusieurs fois de versions au cours de ses déclarations précédentes. Il s’était accusé du meurtre de Frédéric Guittard avant de se rétracter. Désormais, il vise Touria Rafjaoui, celle qui partageait la vie de Frédéric Guittard au moment des faits. « C’est pas une femme, c’est pas une mère. C’est une goule ! Elle est assoiffée de sexe et d’argent ! »

Touria Rafjaoui n’est qu’à quelques mètres de lui dans le box des accusés. Seul un policier les sépare l’un de l’autre. Assise, l’ex-femme de Frédéric Guittard le regarde et écoute la suite de sa déclaration : « Touria n’a pas fait que donner les clés à Magalie. Elle lui a aussi fourni une arme. Magalie m’a dit ce qu’il s’était passé quand elle est revenue à Ajaccio. Et oui je l’ai couverte… »

Jean-François Ornano laisse de longs silences entre chaque phrase. « Elle s’en est voulue. Elle a compris ensuite qu’elle a été manipulée. Pourquoi Touria Rafjaoui nous aurait-elle invités le jour de la fête des voisins ? (…) Si elle a un minimum de respect, si elle aime un minimum ses filles, qu’elle assume. »

L’homme se tourne alors vers la soeur de Frédéric Guittard, face à lui, à l’autre bout de la salle : « Sincèrement je suis désolé pour votre frère ». 

En deuxième partie d'audience, Jean-François Ornano a précisé ses propos : « Je ne peux dire que ce que Magalie m’a raconté. » L'homme assure qu'il aurait caché la vérité à la justice pour protéger sa femme. 

Il assure que c’est également pour la famille de Frédéric Guittard qu’il a décidé de parler. Le président de la Cour lui a ainsi demandé : « Tout au long des auditions de Mélissa Guittard, sa souffrance et sa douleur transpirent. Vous ne pouviez pas vous en rendre compte avant cette audience ? » Le Corse de 44 ans assure qu’il souhaitait défendre sa compagne, Magalie Pinardaud.

Je me suis chargé pour la protéger.


Dans cette nouvelle version, l’homme assure s’être déplacé au Mans pour « soutenir une personne suicidaire », Touria Rafjaoui. Le président de la cour a pourtant rappelé un échange de SMS, quelques jours avant, entre Jean-François Ornano et Magalie Pinardaud. Cette dernière écrit à son compagnon : « Cet homme (Frédéric Guittard, ndlr) mérite une balle dans la tête. »

Jean-François Ornano a relaté devant la cour une conversation avec Magalie Pinardaud lors de leur retour en Corse. Ils évoquaient le 29 juin 2015 et la visite de cette dernière chez Frédéric Guittard.
Magalie Pinardaud : « Il était là, j’ai sorti une arme. » 
Jean-François Ornano : « Une arme ? Elle vient d’où ? »
Magalie Pinardaud : « J’ai sorti l’arme… le coup est parti. Et là il s’est approché de moi, j’ai eu peur, j’ai tiré. »

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