Tribunal de Grande Instance du Mans : GDE devant les juges pour une vaste escroquerie de déchets

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Écrit par Cathy Dogon, avec AFP
© France 3 Pays de la Loire - Cécile Claveaux

L'un des poids lourds du recyclage est accusé d'alourdir le poids des déchets que les collectivités et les entreprises lui donnent à traiter. Guy Dauphin Environnement est jugé à partir de ce lundi pour escroquerie, en correctionnel au Mans. 

Le préjudice est estimé entre 336 000 et 17 millions d'euros. Guy Dauphin Environnement (GDE), qui se présente comme le numéro deux du recyclage en France, est attaqué en justice par 17 sociétés. Le motif : escroquerie sur le pesage des déchets. Le procès s'ouvre ce lundi en correctionnel, au Mans, pour deux à trois jours. 


GDE est missionné par les entreprises pour recevoir les déchets, les recycler ou les stocker lorsqu'ils ne sont plus recyclables. La métropole de Lyon est une des victimes. Son préjudice a été évalué à 514 000 euros. Avec elle, la SNCF notamment, se porte partie civile. 

Les trois anciens dirigeants à la barre


A la barre doivent comparaître trois anciens dirigeants, sous contrôle judiciaire. Deux sont poursuivis pour escroquerie et le troisième, l'ancien président du directoire Bruce Monnier, pour complicité. La société est poursuivie en tant que personne morale et sera représentée à la barre par son avocat.

Les bennes de déchets sont souvent souillées par des déchets que les fournisseurs n'ont pas trié et qu'il faut décompter.


C'est ainsi que l'entreprise se défend. Selon son avocat Etienne Giamarchi, les différences de poids reprochées "sont inhérentes à l'activité de recyclage". Il n'y aurait donc pas fraude : GDE va plaider la relaxe. 

L'entreprise familiale compte 1.150 salariés en France dans 64 sites, et valorise 3,5 millions de tonnes de matière par an. Elle est la filiale principale du néerlandais Ecore, détenu à 51% par Guillaume Dauphin et à 49% par le fonds HIG.

Guillaume Dauphin est le fils de Claude Dauphin qui possédait GDE jusqu'à son décès en 2015 et dirigeait la multinationale Trafigura, affréteur du Probo Koala. Le cargo avait déversé en 2006 des résidus toxiques à Abidjan, provoquant selon l'ONU la mort de 15 personnes et l'intoxication de milliers d'autres. Trafigura a toujours nié sa responsabilité.
 

Des antécédents judiciaires


Par le passé, l'entreprise a souvent eu affaire à la justice. En 2016. La Cour de Cassation a confirmé la fermeture d'un site près du haras du Pin dans l'Orne en raison d'un "risque de pollution des eaux de surface". Une décharge d'une capacité de 2,3 millions de tonnes y avait été ouverte légalement en 2013. 

En mars dernier, les gérants étaient de nouveau devant la justice. Le Conseil d'Etat a confirmé en mars l'annulation d'un arrêté préfectoral qui avait autorisé en 2012 le stockage sous terre par GDE de plus de 9.600 tonnes de déchets dangereux à Soumont-Saint-Quentin, près de Rocquancourt (Calvados), siège de GDE. 


"Homicide involontaire", c'est le jugement rendu par le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire en avril 2015 après le décès, en 2007, d'un homme tué par une de ses machines de broyage de métaux sur le site de Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique). 

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