Saint-Hilaire-de-Riez, en Vendée : ces propriétaires de mobil homes expulsés de leur camping car leur résidence de vacances a plus de 20 ans

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Écrit par Christelle Pineau avec Fabienne Béranger

Fini l'insouciance pour de nombreux propriétaires de mobil-home, installés dans des campings. Après 20 ans de location de leur emplacement, certains sont priés de laisser place nette. La problématique concerne généralement les secteurs touristiques à forte pression. Exemple d'un couple de Choletais qui possède un mobil-home à St-Hilaire de Riez, en Vendée.

Un avis, non négociable, a mis fin au contrat renouvelable chaque année, pour la location de l'emplacement. Nicole et Jean-Loup avaient acheté leur mobil-home il y a 20 ans... Se faire déloger ainsi les rend bien tristes et amers.

"Aucun motif, si : 20 ans de mobil home, c'est tout, dit Nicole Guérin, c'est rageant, c'est comme ça"

Lieu refuge pour la famille, temps de socialisation aves les voisins, amis... C'est à tout cela qu'il faut renoncer.

"On est tout un groupe d'amis, poursuit Nicole, on est obligé de les laisser parce que nous on n'a pas le droit de rester. Certains ont le droit de rester car leurs mobil homes n'ont pas encore 20 ans, mais ça va venir vite".

20 ans est une décision arbitraire qui ne tient aucunement compte de la vétusté du mobil home. C'est le récent rachat de ce camping par le groupe Aloa, qui a déclenché cette injonction à partir.


Le coût de location annuel pour les propriétaires est de 2 760 euros, moins lucratif qu'un cumul de location à la semaine en haute saison.

"On sent bien que maintenant c'est dans un but exclusivement financier, explique Jean-Loup Guérin, avec  les gérants successifs qu'on a connus, ça s'est toujours très très bien passé".

On se trouve presque à compter les semaines maintenant avant de dire adieu à notre camping familial, si on peut dire

Jean-Loup Guérin

Propriétaire de mobilhome

Ces pratiques d'éviction sont menées par d'autres groupes d'hôtellerie de plein air en France depuis plusieurs années. Des propriétaires se rassemblent parfois, intentent des procès, mais le droit tend à privilégier les professionnels.


Seule parade, tenter de revenir à des contrats de location de plusieurs années ou saisir la justice lorsque les tarifs augmentent démesurément.

"Le but clairement c'est de les faire partir progressivement, c'est ce qui s'est passé sur le littoral méditerranéen, explique Me Bertand Salquain, avocat en Droit des propriétaires de résidences mobiles, c'est ce qui risque de se passer sur le littoral vendéen, sur le littoral atlantique, si on ne prend pas garde à obtenir du gouvernement une meilleure protection parce que la protection de la justice est assez défaillante".

Fin septembre, la maison de villégiature de Jean-Loup et Nicole sera enlevée, à leurs frais... Eux-mêmes deviendront des vacanciers mobiles, sans port d'attache.

MISE A JOUR du 12 juin 2022 : depuis notre reportage, une réunion a été organisée par la direction du camping. Au cours de celle-ci Jean-Loup et Nicole ont appris qu'ils pouvaient finalement rester. Trop tard, entre temps ils ont vendu leur mobil home.