Toulon: le Charles de Gaulle va-t-il être vendu?

Le porte-avion Charles de Gaulle dans la rade de Toulon / © ERIC ESTRADE / POOL / AFP
Le porte-avion Charles de Gaulle dans la rade de Toulon / © ERIC ESTRADE / POOL / AFP

Ce n'est encore qu'une hypothèse parmi d'autres pour réduire le budget du ministère de la Défense, mais la vente du porte-avion français au Brésil ou à l'Inde serait envisagée, selon le journal Le Point.  Le budget annuel de la Défense pourrait passer de 31.5 milliards à 30 milliards par an. 

Par Julie Jacquard

Alors que le Livre blanc de la Défense est attendu courant avril, François Hollande devrait annoncer demain, mardi 19 mars, lors d'un conseil de défense, ses choix financiers.
Autour de la table, Jean-Marc Ayrault, (Premier ministre), Jean-Yves Le Drian (ministre de la Défense), Manuel Valls (ministre de l'Intérieur), Pierre Moscovici (ministre de l'Economie),  Jérôme Cahuzac (ministre du Budget), Laurent Fabius (ministre des Affaires étrangères) et le chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud.

Le Livre blanc fixera les nouvelles priorités stratégiques de la France. Mais c'est la loi de programmation militaire (2014-2018), qui devrait être présentée avant l'été pour en tirer les conséquences budgétaires, qui inquiète les milieux de la défense.

Actuellement, le budget de la Défense s'élève à 31,5 milliards d'euros, mais l'endettement massif de la France oblige le gouvernement à couper dans les dépenses pour rétablir les comptes publics. Et la croissance en berne complique encore la situation.

Pour réduire le budget de la Défense plusieurs hypothèses:

La première envisagerait de faire passer le budget de 1,56 % à 1,5%du PIB, soit 30 milliards d'euros par an. Une hypothèse qui entraînerait la suppression de 30 000 emplois dans l'armée et 15 000 dans l'industrie de défense.

La seconde, préférée par Bercy, serait de ramener le budget à 1,1 % du PIB en 2025, avec un budget annuel alors de 20 milliards d'euros.
Cela se traduirait par la suppression de dizaines de milliers d'emplois dans les armées, des dissolutions de régiments et l'arrêt ou le report de quelques
uns des plus importants programmes d'armement.

Les sénateurs montent au créneau, les militaires sont inquiets

"La patrie est en danger !" : Jean-Louis Carrère, le président socialiste de la commission de la défense du Sénat, a sonné la mobilisation pour défendre le budget des armées. "Le passage d'un effort de défense de 1,56% (du PIB) en 2011, à 1,1% en 2025, tel qu'il est envisagé", ne permettrait plus de maintenir le rôle de la France au niveau qui est le sien aujourd'hui, s'alarme-t-il au nom de la quasi-totalité des groupes politiques du Sénat, droite et gauche confondues.

"On ne craint pas trop pour les effectifs. Le gouvernement n'a pas envie de remettre quelques dizaines de milliers de chômeurs sur le marché du travail. Mais on craint beaucoup sur les équipements", confie le général Vincent Desportes, ancien responsable de l'école de guerre.

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur pourrait être lourdement impactée

Pour alléger le budget, la vente du Charles de Gaulle, basé à Toulon depuis son lancement en 1994, pourrait être envisagée, ainsi que l'arrêt des chaînes du rafale, et la suppression de dizaines de régiments.

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La vente du Charles de Gaulle envisagée
Reportage: JL.Boudart, J.Hessas, P.Lombard, C.Dugain, S.Cazal

La précédente loi de programmation militaire (2009-2014) prévoyait déjà 54 000 suppressions d'emplois

En 1981, la France consacrait 3% de son PIB à sa défense et encore 1,55% en 2012.





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