PIP : une association de victimes souhaite le report du procès pénal

Le Mouvement de défense de femmes porteuses d'implants et de prothèses(MDFPIP), l'une des principales associations de victimes de l'affaire PIP, a souhaité jeudi le report du procès devant s'ouvrir le 17 avril à Marseille, critiquant la procédure et évoquant d'éventuelles incertitudes juridiques.

Conférence de presse de l'association MDFPIP
Conférence de presse de l'association MDFPIP
"Beaucoup de zones d'ombre subsistent dans ce dossier", a estimé Me Roland Mino, l'avocat de l'association, lors d'un point presse organisé dans son cabinet à Toulon, avec Murielle Ajello, la présidente du MDFPIP, qui revendique 1.500 membres. "Le parquet est heureux d'organiser ce procès médiatique, (...), pour lequel on va dépenser près d'un million d'euros à Marseille, mais pour quelle finalité? les victimes pourront-elles réellement être indemnisées? Aujourd'hui, au vu de la procédure telle qu'elle a été organisée, je crains qu'elles ne le soient pas", poursuit-il. Principalement, selon lui, parce qu'il manque du monde sur le banc des prévenus : le certificateur allemand TUV, l'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM, ex-Afssaps), la société PIP "qui n'est pas encore liquidée", précise-t-il.

Cinq dirigeants de PIP, dont son fondateur, Jean-Claude Mas, doivent comparaître pendant un mois devant le tribunal pour "tromperie". Parallèlement,deux instructions restent en cours à Marseille: une information judiciaire pour "blessures involontaires" et une information sur les éventuels avoirs à l'étranger de Jean-Claude Mas.
Le MDFPIP aurait souhaité que soient intégrés au procès de ce printemps les éléments de cette instruction financière, l'insolvabilité de M. Mas ayant été "manifestement organisée", souligne Me Mino. L'association évoque aussi des "problèmes procéduraux", pouvant selon elle menacer la tenue du procès, notamment une "requête en suspicion légitime" que l'avocat d'un des prévenus a annoncé qu'il déposerait. Me Jean Boudot, à l'origine de ce recours contestant l'impartialité du tribunal, a indiqué qu'il avait "envoyé une notification aux avocats des parties civiles" mais n'avait pas encore déposé formellement sa requête auprès du tribunal jeudi. Interrogé jeudi par l'AFP, Me Philippe Courtois, qui défendra 2.800 dossiers au procès à Marseille, a pour sa part indiqué être "opposé à toute demande de renvoi".

Selon l'avocat, qui représente notamment les 2.300 membres de l'Association des femmes porteuses de prothèses PIP (PPP), ses clientes attendent de pouvoir "être face à" Jean-Claude Mas et ses co-prévenus. Le procès pour tromperie, "c'est une première étape de ce dossier", a-t-il dit. Ce jeudi Jean-Claude Mas s'est d'ailleurs rendu au palais de justice de Marseille, accompagné de de son fils, Nicolas Lucciardi, et de son
avocat, Yves Haddad, a constaté un journaliste de l'AFP. "Ca va être une grosse procédure, vous allez voir," a simplement déclaré Me Haddad.


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