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Un policier condamné à un an de prison avec sursis pour violences aggravées

© PHILIPPE HUGUEN / AFP
© PHILIPPE HUGUEN / AFP

Un policier vient d'être condamné ce vendredi matin à un an de prison avec sursis pour violences aggravées par le tribunal correctionnel de Marseille. Ce motard de la police nationale était intervenu de façon musclée pour tapages nocturnes. Des jeunes avaient eu le nez et des chevilles cassés. 

Par Olivia Malongo avec AFP

Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné vendredi un policier à douze mois de prison avec sursis pour violences aggravées et relaxé six jeunes gens après le dérapage d'une intervention pour tapage, filmée discrètement par un voisin. La juridiction n'a pas suivi les réquisitions du parquet - deux ans, dont un avec sursis -, estimant que le major ne pouvait être rendu responsable de l'ensemble des violences commises à l'encontre des jeunes.
Son avocat, Me Christophe Bass, a salué "un jugement qui prend la mesure des faits, des circonstances du déroulement de cette opération policière".

Il fait la part des choses entre ce policier seul et une série d'autres personnes qui n'ont pas été poursuivies. C'est une décision juste, sévère qui sanctionne une faute en 30 ans d'une carrière exceptionnelle"


a souligné l'avocat, qui a obtenu la non-inscription de la condamnation au bulletin numéro 2 du casier judiciaire, ce qui permet au policier de continuer à exercer.

Usage de gaz lacrymogène dans l'appartement

Dans la nuit du 17 au 18 janvier 2012, une équipe de trois policiers était appelée pour nuisances sonores par des occupants d'un immeuble du centre de Marseille: quelques étudiants et jeunes actifs célèbraient le diplôme de l'un d'eux. Le ton monte entre les jeunes et les fonctionnaires, qui appellent du renfort: au total, 27 hommes seront dépêchés. Et là, selon les mots du président Mohamed Mahouachi qui examinait l'affaire fin novembre, "les policiers dérapent". Ils entrent dans l'appartement et font usage de gaz lacrymogène.

Un voisin filme l'intervention

La suite est en partie filmée par un voisin, un directeur de recherche au CNRS de 47 ans, à travers l'oeilleton de son appartement, une vidéo qui montre une intervention pour le moins musclée. Sur les images diffusées à l'audience, on voit les jeunes gens descendre dans la cage d'escalier mains sur la tête, sous les insultes, et prendre chacun des coups lors de leur passage. On y voit notamment le seul policier poursuivi, le major Pernaut, un motard de la sécurité routière de nuit, donner des coups de tonfa. La vidéo permet d'imaginer la violence, au vu des traces de sang, avait dit le président, le procureur évoquant pour sa part sa "nausée" à la vue de ce film.

Nez et chevilles cassés

Les jeunes racontent tous la même histoire: ils ont été passés à tabac en bas de l'immeuble, avant d'être menottés et mis en garde à vue pendant 36 heures. Bilan, des nez et chevilles cassés, des ecchymoses et des brûlures d'abrasion. Les six victimes s'étaient pourtant retrouvées sur le banc des prévenus... pour violences aggravées envers les policiers.

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