Sa guérison de la maladie de Parkinson permet la béatification de Jean-Paul II

Marie Simon-Pierre a guéri de la maladie de Parkinson, un "miracle" que, selon elle, elle doit à Jean-Paul II. / © BERTRAND LANGLOIS / AFP
Marie Simon-Pierre a guéri de la maladie de Parkinson, un "miracle" que, selon elle, elle doit à Jean-Paul II. / © BERTRAND LANGLOIS / AFP

Jean-Paul II va être canonisé ce dimanche. Une très bonne nouvelle pour soeur Marie Simon-Pierre. Cette supérieure de la communauté de l'Etoile près d'Aix-en-Provence est à l'origine de cette béatification. Sa guérison "miracle" de la maladie de Parkinson a été reconnue par l'Eglise.

Par Olivia Malongo avec AFP

Elle va se rendre à Rome pour l'évènement. Elle ne veut pas manquer ce moment. La béatification du Pape qui, selon elle, l'a guérie en 2005 de la maladie de Parkinson. Jean-Paul II va être canonisé ce dimanche. 

Dans mon coeur, il est saint depuis longtemps"


a déclaré mercredi, la soeur Marie Simon-Pierre. C'est cette guérison "miracle" qui a permis la béatification de l'ancien pape.

Je suis heureuse que l'Eglise le reconnaisse, bien sûr"


dit la religieuse guérie en 2005, qui sera à Rome, "sur la place Saint-Pierre, si j'y accède", le 27 avril.

Encore émue

Désormais supérieure de la communauté de l'Etoile, près d'Aix-en-Provence, cette petite soeur des maternités catholiques est longuement revenue face aux journalistes, avec une certaine émotion et toujours souriante, sur le "miracle" de 2005 et sa vie depuis. A l'annonce du diagnostic, le 29 juin 2001, "j'ai tout de suite eu devant les yeux l'image de Jean Paul II", relate-t-elle.

J'avais la même maladie que lui. Il me renvoyait à l'image de ce que j'allais devenir"


souligne-t-elle.

Effondrée au décès de Jean-Paul II

"Les jours, les mois se sont succédé, je ne pouvais plus écrire, ni conduire, j'étais très diminuée", explique-t-elle. "Le 2 avril 2005, nous avons appris sa
mort en direct. Je suis de la génération Jean Paul II.

C'était un ami, un père, un grand-père. Il m'aidait à tenir, parce que c'était quelqu'un que j'admirais. A l'annonce du décès, pour moi, c'était un effondrement. Heureusement, ça n'a pas duré. Le jour des funérailles, j'ai senti qu'il était toujours là, toujours présent".


La soeur dit avoir pourtant vu sa santé se dégrader à partir de cette date et alors que le procès en béatification s'ouvrait. Sa supérieure lui a demandé si
elle acceptait que toutes les petites soeurs prient pour elle "par l'intercession de Jean Paul II".
Jean-Paul II sera canonisé 9 ans après sa mort. (ici en septembre 2003 à Bratislava) / © JOE KLAMAR / AFP
Jean-Paul II sera canonisé 9 ans après sa mort. (ici en septembre 2003 à Bratislava) / © JOE KLAMAR / AFP

"La vie rejaillissait dans mon corps"

Le soir du 2 juin, deux mois après la mort du pape, la religieuse rentre dans sa chambre après une "journée comme d'habitude", et commence à écrire sans difficulté, ce qu'elle ne pouvait plus faire. Elle assure :

Le lendemain, à 4h30, je me suis levée d'un bond. La vie rejaillissait dans mon corps. (...) Après l'eucharistie, j'étais persuadée d'être guérie (...) Pour moi il n'y avait pas de doute, c'était lui !"



Un parcours du combattant

A alors suivi le processus d'enquête sur le miracle présumé avec son cortège d'expertises médicales, "un vrai parcours du combattant!", s'exclame-t-elle.
Depuis, elle reçoit de nombreuses demandes de prières, "de partout, de toutes sortes", des malades de Parkinson, évidemment, mais aussi du cancer, des demandes d'enfants qui se font attendre ou de parents d'enfants malades.

Jean-Paul II toujours dans sa vie

Elle évoque également "la grande complicité" qui la lie au souverain pontife. 

Je ne vous cache pas que quand je passe devant son portrait, je lui parle"


sourit-elle. Soeur Marie Simon-Pierre ne connaît pas Floribeth, la Costaricienne dont la guérison d'un anévrisme cérébral a ouvert la voie à la canonisation de Jean-Paul II. "Pour l'instant, je ne l'ai pas rencontrée. Peut-être le jour de la canonisation ? Ca reste un mystère", dit-elle.

Comment devient-on un Saint ?

Il faut une enquête : témoignages et documents, favorables ou non, sont déposés à la Congrégation pour les causes des Saints, à Rome. Là, se déroule un procès contradictoire. Un rapporteur est chargé du dossier. Le demandeur fait son dossier. Un promoteur de la foi apporte les arguments contraires. Des historiens et des théologiens interviennent. Les cardinaux et évêques de la Congrégation donnent leur avis sur l’héroïcité des vertus ou le martyre. Leur avis favorable est transmis au Pape, à qui il revient de déclarer l’héroïcité des vertus.

Le procès sur le miracle :il faut un fait prodigieux (souvent une guérison physique) inexplicable dans l’état actuel de la science et en lien avec la prière. Une enquête diocésaine est menée par des experts, théologiens et le promoteur de la foi. Si les cardinaux et les évêques sont favorables, le dossier aboutit sur la table du Pape qui, seul, reconnait le miracle et décide de la béatification.

La canonisation peut être décidée par le Pape après la reconnaissance d’un autre miracle attribué au Bienheureux et survenu depuis la béatification. Le Pape peut aussi décider de dispenser de ce miracle, en considération d’autres circonstances suffisamment parlantes, comme ce fut le cas du Pape François pour la canonisation du Pape Jean XXIII.

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