La mystérieuse recette du doublé du RC Toulon

Après leur victoire contre le Stade Français à Nice, le 3 mai dernier. / © © BRUNO ISOLDA/WORLDPICTURES/MAXPP
Après leur victoire contre le Stade Français à Nice, le 3 mai dernier. / © © BRUNO ISOLDA/WORLDPICTURES/MAXPP

Ce vendredi, le RCT affronte le Racing-Métro pour une demi-finale du Top 14, une semaine plus tard c'est sur le terrain de Cardiff que les Rouges et Noirs se retrouveront pour défendre leur titre européen. Ils peuvent conquérir les deux titres. Ils ont mis au point une recette pour y arriver.

Par Olivia Malongo avec AFP

En s'appuyant sur l'expérience de l'an passé, le Rugby club toulonnais cherche à élaborer une formule jusque-là tenue secrète pour le conduire au doublé Coupe d'Europe - Top 14 en trois semaines. Rien n'a filtré depuis le centre d'entraînement de Berg (Var) où le RCT est calfeutré à huis clos depuis plus d'une semaine. L'objectif est pourtant clair: réaliser un trois sur trois sur les prochaines rencontres qui, si tout va bien, verront les hommes de Bernard Laporte enchaîner une demi-finale de Top 14 vendredi à Lille contre le Racing-Métro, une finale de Coupe d'Europe samedi 24 à Cardiff contre les Saracens, puis une éventuelle finale de Top 14 samedi 31 contre Montpellier ou Castres au Stade de France.

Une entrée dans l'Histoire

Un programme roboratif qui, en cas de succès, permettrait au RCT d'entrer dans l'histoire, en devenant le premier club français à conserver son titre de champion d'Europe. Et en réalisant le doublé national-continental, il rejoindrait le Toulouse de 1996, même si les puristes feront remarquer que le Stade avait décroché sa couronne européenne en l'absence des clubs anglais. "On ne veut rien galvauder", a annoncé le président Mourad Boudjellal, après la victoire contre le Munster (24-16) en demi-finale de Coupe d'Europe.

On connaît le tarif : il faut jouer jusqu'à épuisement et on jouera jusqu'à épuisement. Si ça passe, ça passe, peut-être que ça cassera. On verra bien"


avait-il poursuivi.

Mourad Boudjellal, le président du RCT, après la victoire contre le Stade français. / © JEAN CHRISTOPHE MAGNENET / AFP
Mourad Boudjellal, le président du RCT, après la victoire contre le Stade français. / © JEAN CHRISTOPHE MAGNENET / AFP

Gérer la fatigue

L'an passé, le RCT s'était retrouvé dans une position similaire mais, après avoir remporté sa finale de Coupe d'Europe, puis sa demie de Top 14, était arrivé à court de jus en finale de Top 14 face à Castres, s'inclinant 19 à 14.

On va essayer de se servir de l'expérience de l'an dernier pour grandir et aller encore plus loin"


a prévenu l'entraîneur des arrières Pierre Mignoni.
"On va essayer d'éviter de faire les mêmes erreurs que l'année dernière", appuie Mourad Boudjellal, évoquant notamment "la gestion de la fatigue".
Dans ce secteur, le RCT a pu s'offrir du repos la semaine dernière alors que son adversaire vendredi, le Racing, préparait son match de barrage contre Toulouse. Les Toulonnais se sont aussi offert les services de Paul Stridgeon, ancien préparateur physique de l'équipe d'Angleterre et des Lions britanniques. Arrivé fin avril, il a une mission principale: la récupération, aidé par l'achat de matériel de cryothérapie.

La question Wilkinson

Le manager Bernard Laporte devra aussi gérer les hommes un peu plus finement que l'an passé. Que ce fût comme sélectionneur ou en club, le technicien a l'habitude de dessiner clairement son XV de départ pour les matches-couperet et de s'y tenir. L'an passé, 13 mêmes joueurs avaient débuté les trois dernières rencontres de l'année, dont l'ouvreur Jonny Wilkinson. Le cas de l'Anglais, qui aura 35 ans le 25 mai, est le plus délicat: toujours incontournable dans le jeu et par son charisme au crépuscule de sa carrière, a-t-il encore trois matches de très haut niveau d'affilée dans les jambes ?
Jonny Wilkinson contre Bayonne le 23 février dernier. / © GAIZKA IROZ / AFP
Jonny Wilkinson contre Bayonne le 23 février dernier. / © GAIZKA IROZ / AFP

Partage des tâches

Depuis quelques semaines, Bernard Laporte semble avoir établi un partage des tâches à l'ouverture: à Frédéric Michalak le Top 14, à Jonny Wilkinson
la Coupe d'Europe. Le Français, qui a débuté les cinq derniers matches de championnat, aura-t-il encore la confiance du manager vendredi ? Jusque-là, Bernard Laporte a systématiquement noyé le poisson. La même question se pose dans le pack. Le retour récent d'Ali Williams et celui, peut-être pour vendredi, de Bakkies Botha offrent du sang frais en deuxième ligne. Mais Bernard Laporte parviendra-t-il à faire confiance à sa jeune garde; Virgile Bruni, Xavier Chiocci, Jean-Charles Orioli ou Levan Chilachava ?

Eviter le relâchement entre deux matches

Enfin, il faudra aussi guetter toute tentation de relâchement. Le retour à Toulon l'an passé entre la demi-finale de Top 14 et la finale, durant lequel le RCT avait présenté la Coupe d'Europe à son public, avait forcément provoqué une décompression. Cette année, dans un calendrier légèrement différent, le RCT voudra éviter le piège: après sa finale à Cardiff, l'équipe ne reviendra sans doute pas dans le Var et préparera entre Cardiff et Saint-Denis son éventuelle finale de Top. 

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