Les nouvelles tendances du crime organisé

Escroqueries à l'assurance vie et au transport d'alcool, connexion banditisme/collectionneurs d'armes, attaques de distributeurs au gaz: telles sont les nouvelles tendances de la grande criminalité relevées par la gendarmerie.

© Nicolas Vallauri/La provence
Selon un rapport du très sérieux Service du renseignement criminel de la Gendarmerie nationale (SRCGN), révélé par l'AFP, l'"émergence de nouveaux modes opératoires" est à "prendre en compte" avec "acuité",
Dans ce rapport confidentiel daté de mai et dressant le portrait de la criminalité organisée en France pour 2013-2014.
Ses auteurs le présentent comme la "contribution" des gendarmes au panorama global du phénomène publié chaque fin d'année par le Service d'information, de renseignement
et d'analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco).
Les mafias et "groupes criminels" français pour les nuls en quelque sorte: cette somme est considérée comme un indicateur de référence à partir des affaires traitées par les forces de l'ordre.


Le constat dressé en 2012-2013 est confirmé: il n'y a pas, selon le document de la gendarmerie, de mafia capable de défier l'Etat en France mais une persistance d'organisations criminelles structurées issues des banlieues et des pays d'Europe de l'Est.


Le SRCGN le relève par régions et sur la foi de ce que lui font remonter ses enquêteurs sur leur rayon d'action, souvent rural ou périurbain.
De l'Alsace et la Lorraine à la région Centre en passant par la Corse et l'Outre-Mer, il y a bien souvent la même et récurrente "problématique": des bandes issues des pays de l'Est (Balkans, Albanie ou Géorgie) ou de la "communauté des gens du voyage" spécialisées dans les vols de fret, des résidences et tout ce que les spécialistes appellent les "atteintes aux biens". Et un "banditisme de cités" avec des "gangs" spécialisés dans le trafic de drogue, "règlements de comptes" compris.
L'autre tendance, selon les rapporteurs, est la capacité à s'adapter comme en témoigne, écrivent-ils, l'augmentation "significative" des attaques de distributeurs automatiques de billets de banque (DAB) au moyen "de mélanges gazeux" (oxygène/acétylène).
Un "nouveau procédé" au "taux de réussite important" permettant de "contourner tous les systèmes de protection", assurent les rapporteurs en ce qui concerne un phénomène relevé notamment en Rhône-Alpes, Bourgogne ou Franche-Comté.

Trafic dans les alcools


Autre nouveauté: les fraudes aux droits d'accises sur le transport d'alcool, "peu risquées et rémunératrices". Autrefois l'apanage d'organisations criminelles anglo-pakistanaises,
elles s'étendent: tout le monde s'y met, selon le rapport, milieu comme "mafias italiennes". Il s'agit d'obtenir de l'alcool à bon compte (bières de pays de l'Est notamment), de le faire entrer en France où le droit d'accises est élevé; et de frauder sur "toute la chaîne de transport", en ne déclarant qu'un chargement et en organisant la vente parallèle avec des sociétés écrans, etc.
Nouveaux encore, les faux ordres de virement "organisés depuis Israël" où un escroc, prétextant un test informatique ou se faisant passer pour directeur financier, piège les comptables de "moyennes et grandes entreprises" qui transfèrent de très fortes sommes en toute innocence: 17 millions d'euros lors d'une affaire toujours en cours où les fonds allaient en Chine. Variante, la fraude à l'assurance vie où l'escroc se fait passer pour notaire ou avocat et affirme avec insistance que "pour débloquer les fonds, il faut payer!"
Côté milieu traditionnel, les gendarmes décrivent désormais une "porosité", dans les trafics d'armes entre les pays de l'Est et la France alimentant traditionnellement les collectionneurs, "avec le grand banditisme", notamment en Alsace, Lorraine et Champagne-Ardennes, et celui des "cités sensibles".
En 2012, sur quelque 3,5 millions de faits de délinquance en 2012, selon l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), il y avait eu 16.000
faits dits de grande criminalité.
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