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23ème jour de mobilisation des gilets jaunes à Nice, le mouvement en voie d'essoufflement ?

Des gilets jaunes rassemblés devant la gare Thiers à Nice le 13 avril 2019. / © Pascal Varnier - France 3 Côte d'Azur
Des gilets jaunes rassemblés devant la gare Thiers à Nice le 13 avril 2019. / © Pascal Varnier - France 3 Côte d'Azur

Plus de 6 mois après les premiers rassemblements sur les ronds-points, le mouvement des gilets jaunes semble s'essouffler. Moins de manifestants, plus personne sur les ronds-points. Une mobilisation en baisse, malgré une colère intacte pour certains et un grand débat national jugé insuffisant. 

Par Aline Métais

Le mouvement des gilets jaunes s'essoufflerait-il ? Pour ce 23ème jour de mobilisation, beaucoup moins de manifestants, quasiment plus personne sur les ronds-points. A l'exception de quelques drapeaux tricolores qui refont surface mais cette fois sans gêner la circulation. Une mobilisation en baisse, malgré une colère intacte pour certains et un Grand débat national jugé insuffisant. Sur twitter, certains continuent malgré tout à faire entendre leur voix et à manifester : 
 

Magasins de luxe


Aujourd'hui, pour ce 23ème jour de mobilisation, le cortège est parti de la gare Thiers à Nice à 13 heures. Une manifestation pacifiste, sans violences, contrairement à la capitale. Les motards des Alpes-Maritimes ont ouvert le cortège. C'est devenu un rituel. Mais la foule est moins compacte, plusieurs centaines de personnes seulement. Puis direction l'avenue Jean Médecin et les magasins de luxe pour faire écho à l'appel à manifester de ce samedi aux abrods de Bercy à Paris. Près de ces boutiques, on pouvait entendre "tout le monde déteste la finance" : 
 


Le 17 novembre 2018, a marqué le début d'un mouvement social que personne n'avait vu venir. A l'origine, il s'agissait de montrer son opposition à la hausse du carburant. La fronde a commencé sur les réseaux sociaux. L'augmentation du prix du gazole a cristallisé une colère sociale beaucoup plus vaste. Dans le Var, les manifestants se sont relayés pour tenir les ronds-points des autouroutes les week-ends mais aussi la semaine. Des ronds-points envahis, des autoroutes prises d'assaut, un climat de tensions et de violences inhabituelles sur la Côte d'Azur.
 

kit de sécurité

Le "gilet jaune", accessoire obligatoire dans le kit de sécurité des voitures, est devenu le symbole de cette lutte. Une lutte qui a évolué et, fait, rare, a commencé en fin d'année l'hiver puis s'est poursuivie ensuite, malgré les fêtes de Noël (cf encadré, les 10 dates marquantes de ce mouvement).  Progressivement, les ronds-points ont été repris, démontés, un par un tôt le matin à Saint-Isidore à Nice et de nuit près de de l'échangeur de l'A8 à Antibes.
 

Interdiction de manifester


Les manifestations ont continué différemment. Le 23 mars, Nice a fait l'objet d' un appel national à manifester des gilets jaunes. Un appel suivi d'une interdiction demandée par le maire de Nice, Christian Estrosi. En plein sommet franco-chinois cette interdiction de manifester, a été le point culminant du mouvement des "gilets jaunes" à Nice. Geneviève Legay, porte-parole d'Attac, une manifestante âgée de 73 ans blessée après une charge des CRS, est devenue le symbole des violences policières et l'objet d'une polémique. Les gilets jaunes lui ont rendu hommage : 
Samedi 13 avril 2019, des manifestants brandissent les lettres du prénom de Geneviève Legay, militante d'Attac 06, grièvement blessée lors d'une charge des CRS à Nice. / © France 3 Côte d'Azur
Samedi 13 avril 2019, des manifestants brandissent les lettres du prénom de Geneviève Legay, militante d'Attac 06, grièvement blessée lors d'une charge des CRS à Nice. / © France 3 Côte d'Azur

Six mois après le début du mouvement, un noyau dur persiste. Même si certains gilets jaunes ont déserté le mouvement par peur des violences. Un effritement, un essoufflement dans la rue même si beaucoup pensent que les solutions proposées à l'issue du Grand débat national ne sont pas assez radicales et surtout que dans leur quotidien rien n'a changé. Un mécontentement qui pourrait se poursuivre dans les urnes, lors du scrutin des élections européennes du 26 mai.

 
 

La crise des "gilets jaunes" en dix dates

Depuis le début du mouvement, 11 personnes sont mortes, principalement dans des accidents de la route. A Marseille, une octogénaire est décédée après avoir
été blessée chez elle par une grenade lacrymogène.
    Le ministère de l'Intérieur dénombrait, au 19 avril : 2.410 blessés parmi les manifestants et 1.699 chez les forces de l'ordre.  
 

  •     17 novembre : ronds-points occupés - 

Vêtues d'un gilet fluorescent, 282.000 personnes, selon les chiffres officiels régulièrement contestés, occupent des ronds-points et bloquent des routes. Le mouvement vise initialement la hausse des taxes sur les carburants, mais Emmanuel Macron et sa politique sociale et fiscale sont rapidement ciblés.

  •     1er décembre : Arc de Triomphe vandalisé 

    L'acte 3 (136.000 personnes) donne lieu à des violences. A Paris, l'Arc de Triomphe est tagué, ses salles d'exposition pillées et dégradées.

  •     10 décembre : mesures sociales 

    Après l'annulation pour 2019 de la hausse de fiscalité sur les carburants, décidée le 5 décembre, Emmanuel Macron annonce cinq jours plus tard: 100 euros de plus par mois pour les salariés au Smic, heures supplémentaires "sans impôts ni charges" et une nouvelle exemption de hausse de CSG pour certains retraités. Le tout est évalué à 10 milliards d'euros. 

  •     5 janvier : affrontements 

 Après trois samedis de baisse, la participation remonte à 50.000 personnes pour l'acte 8. Des manifestants forcent avec un engin de chantier l'entrée du ministère
de Benjamin Griveaux, alors porte-parole du gouvernement. L'exécutif annonce le 7 février une nouvelle loi "anticasseurs", initiée par LR. Elle est promulguée le 11 avril, après un retoquage par le Conseil constitutionnel de l'article sur les interdictions administratives de manifester. La polémique enfle face aux blessures causées par les lanceurs de balles de défense (LBD) et grenades de désencerclement utilisés par les forces de l'ordre.

  •     15 janvier: grand débat 

    Dans l'espoir d'apaiser les esprits, Emmanuel Macron lance un grand débat national le 15 janvier et y participe activement. Des "gilets jaunes" annoncent le 23 janvier un embryon de liste aux européennes, menée par une aide-soignante, Ingrid Levavasseur. Vivement critiquée par d'autres "GJ", elle renonce le 13 février.

  •     5 février: crise avec l'Italie 

    La rencontre en France, le 5 février, du vice-président du Conseil italien et chef de file du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, avec le "gilet jaune" Christophe Chalençon provoque un bref rappel par Paris de son ambassadeur en Italie.

  •     6 mars: l'ONU intervient 

    L'ONU demande le 6 mars à la France "une enquête approfondie sur tous les cas rapportés d'usage excessif de la force". Peu avant, le Conseil de l'Europe avait déjà appelé la France à "suspendre l'usage du LBD dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre".

  •     16 mars: Champs-Élysées saccagés 

    L'acte 18 (32.300 manifestants) est marqué par une nouvelle flambée de violences à Paris, aux Champs-Elysées notamment.  L'exécutif annonce une batterie de mesures: interdiction des manifestations dans les quartiers "les plus touchés" en cas de présence d'"ultras", limogeage du préfet de police de Paris, contraventions alourdies.

  •      23 mars: charge à Nice 

    Le 23 mars, alors que plusieurs lieux emblématiques sont interdits aux manifestants, l'Intérieur recense 40.500 manifestants. A Nice, Geneviève Legay, 73 ans, est grièvement blessée pendant une charge. Le procureur dément d'abord tout "contact" physique de la part des forces de l'ordre, des propos repris par Emmanuel Macron. Puis le magistrat
reconnaît qu'elle a été poussée par un policier.

  •     15 avril: annonces reportées

    Le 15 avril, après deux samedis où la mobilisation a atteint 22.000 puis 31.000 personnes, Emmanuel Macron annule précipitamment l'allocution télévisée au cours
de laquelle il devait donner ses réponses à la crise: Notre-Dame est en feu. Il s'engage à revenir vers les Français "dans les prochains jours". Parmi les annonces qu'il devait effectuer, selon le texte de son discours obtenu par l'AFP : des baisses d'impôts pour les classes moyennes, la réindexation des petites retraites, des référendums locaux et la suppression de l'ENA.
   
(Source : AFP)

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