REPLAY. Départementales 2021 : ce qu'il faut retenir du débat du canton de Seyne dans les Alpes de Haute-Provence

Sur un territoire de montagne comme celui de Seyne, la mutation des activités touristiques et le développement des infrastructures est au coeur des préoccupations. Les trois listes candidates sur ce canton ancré à gauche, avec deux listes de cette tendance, se penchent sur ces thématiques. 

Dans le territoire rural et faiblement peuplé de Seyne, la mutation de la montagne et la dynamisation de la commune sont deux des enjeux primordiaux
Dans le territoire rural et faiblement peuplé de Seyne, la mutation de la montagne et la dynamisation de la commune sont deux des enjeux primordiaux © FTV

Le département des Alpes de Haute-Provence est composé de 15 cantons, qui éliront 30 conseillers départementaux les 20 et 27 juin prochains.

Le président actuel, le socialiste René Massette, est candidat à sa propre succession dans le canton de Digne 1. En septembre 2017, le président du département Gilbert Sauvan, élu en 2015, décédait des suites d'une longue maladie. Suite à sa démission, René Massette avait été élu grâce aux voix de gauche mais aussi de droite et de centre-droit.

Il espère recomposer aujourd'hui sa majorité "arc-en-ciel", comme la présente le sénateur des Alpes de Haute-Provence Jean-Yves Roux, où certains vice-présidents appartenaient à la droite comme à l'extrême gauche. 

Dans ce canton peuplé d'un peu plus de 8.000 habitants, ce conseiller départemental anciennement affilié au PS va aller chercher la réélection avec son binôme, Evelyne Faure. 

Les forces en présence

L'ancien tandem socialiste Jean-Yves Roux et Evelyne Faure se présente cette fois sous une nouvelle étiquette divers-gauche, proche du parti radical, précise le sénateur. Ils portent une candidature centrée sur "l'aménagement du terrioire et la défense des services publics". 

Face à eux une deuxième liste de gauche, menée par Isabelle Dalban et Jean-Jacques Leporati, qui rassemble LFI, EELV, le PCF ou des collectifs citoyens. "Je n'ai jamais été encartée, je suis militante depuis quelques années pour la réappropriation citoyenne du pouvoir politique", précise Isabelle Dalban.

Enfin, Béatrice Savornin et Gilles Thezan se présentent sous l'étiquette divers-droite, suite au retrait de Patricia Rolland pour "raisons personnelles". Son représentant Gilles Thezan précise qu'il pourrait appuyer "les bonnes idées" d'un exécutif de gauche, en particulier pour les décisions touchant à l'aménagement du territoire.

Une des spécificités de ce canton est qu'il n'y a pas de liste du Rassemblement national, malgré l'implantation du parti dans les Alpes de Haute-Provence. 

Soutenir les jeunes du département

Comme pour d'autres listes de gauche en région Paca, Isabelle Dalban est en faveur d'une expérimentation du RSA pour les jeunes à partir de 18 ans. Elle insiste aussi sur la nécéssité de "travailler les mobilités et l'accès au numérique" pour attirer des entreprises et créer de l'emploi. 

Gilles Thezan (divers-droite) plaide aussi pour que la jeunesse "puisse vivre et travailler au pays" afin de redynamiser ce territoire, rural et peu peuplé, où certains services se font rares.

Sur le même thème, Jean-Yves Roux propose une collaboration territoriale entre les collectivités, entreprises et l'Etat pour aider les jeunes à trouver un emploi. Il insiste aussi sur la nécessité de repenser le rôle des aidants auprès des personnes âgées. 

Interrogée sur l'accueil des migrants, qui arrivent régulièrement d'Italie par les Alpes, Isabelle Dalban a regretté la fermeture des centres d'accueil et d'orientation, comme ce fut le cas à Barcelonnette. "Il faut les intégrer, mais pas en masse", s'oppose alors Gilles Thezan, en référence au sort de cette maison qui accueillait plusieurs dizaines de familles.  

Préparer la mutation de la montagne

Le canton de Seyne, communément appelé Seynes-les-Alpes, est un canton de montagne dont le principal village est situé à plus de 1.200 mètres d'altitude. Cette commune rurale, peu dense, est traversée par la vallée de la Blanche, où les activités sportives et de plein air génèrent de nombreux emplois. 

D'ici 2050, la neige devrait se raréfier en dessous de 2.000 mètres d'altitude sous l'effet du changement climatique. Une mance qui oblige les acteurs de ces territoires à s'engager dès maintenant dans une transformation de leurs activités.

"Il faut amorcer la mutation de la montagne pour que les stations de ski deviennent véritablement des stations de montagne", résume Gilles Thezan, avec activités pour tous les publics et variées en fonction des saisons, comme la randonnée ou le VTT. Tout en ajoutant que le ski, qui rapporte 15 millions d'euros par an, doit rester une activité prioritaire du département.

Pour anticiper ces évolutions, Jean-Yves Roux propose la création d'un syndicat mixte avec le Val d'Allos et Praloup, afin "d'accompagner les stations de la Vallée blanche vers du tourisme quatre saisons". Une idée que partage Isabelle Dalban, qui plaide également pour une "unité de vallée".

Le sénateur relève aussi l'absence d'infrastructures dans un département qui souffre de l'absence de lignes ferroviaires, à l'exception du train Marseille-Gap, proposant donc d'investir sur le développement routier.  

La candidate de gauche écologiste, enfin, insiste sur l'importance de développer des infrastructures adaptées pour attirer de nouvelles entreprises et habitants. "Beaucoup de citadins viennent par chez nous depuis la crise sanitaire [...] et nous aurons à coeur de développer le bien-vivre dans les Alpes de Haute-Provence", conclut-elle. 

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