Cellule de Cannes-Torcy: prolongation de la garde à vue pour trois suspects

Image d'archives / © france 3 côte d'azur
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Dans le cadre de l'enquête sur la cellule islamiste dite de "Cannes-Torcy", trois hommes, arrêtés lundi dans les Alpes-Maritimes, étaient encore en garde à vue ce jeudi.

Par Julie Jacquard avec l'AFP

Un pistolet-mitrailleur de type Uzi, un pistolet semi-automatique et des munitions avaient été retrouvés à Mougins au domicile d'un converti à l'islam de 26 ans.
Quelque 9.000 euros en liquide ainsi que du matériel informatique et des téléphones ont été saisis chez les deux autres, âgés de 35 et 36 ans.
Les auditions de ces trois hommes, dont les gardes à vue en matière d'antiterrorisme peuvent durer quatre jours, visent notamment à déterminer l'usage envisagé pour les armes saisies.

Rappel des faits

Le démantèlement de la cellule de Cannes-Torcy avait débuté en octobre 2012, peu après un attentat à la grenade le 19 septembre, qui avait fait un blessé contre une épicerie casher de Sarcelles (Val-d'Oise).

Un des chefs présumés de ce groupe, Jérémie Louis-Sidney, avait été tué dans un appartement strasbourgeois par des tirs de riposte de la police sur qui il avait ouvert le feu lors de son interpellation. Son empreinte génétique avait été retrouvée sur la cuillère de la grenade utilisée à Sarcelles.
L'autre, Jérémy Bailly, également converti, avait été arrêté trois jours plus tard, alors qu'il revenait dans son appartement de Torcy (Seine-et-Marne) après la prière de l'aube, en possession d'une arme chargée et prête à tirer.

Les enquêteurs avaient retrouvé dans un box qu'il utilisait du matériel permettant de fabriquer une bombe. Selon une source proche du dossier, il a reconnu en garde à vue avoir projeté de commettre un attentat sans avoir décidé d'objectif précis.
Des testaments avaient été découverts chez certains membres, laissant craindre aux enquêteurs des velléités d'action kamikaze ou de départ vers des zones de jihad.

Déjà 18 personnes mises en examen

Une partie des 18 hommes mis en examen, dont 14 sont écroués, sont poursuivis sous le soupçon d'avoir mis en place une filière jihadiste vers la Syrie, où deux hommes du Cannet sont d'ailleurs partis, selon une source proche de l'enquête.

En juin, un militaire de la Marine avait été interpellé à Toulon. Frère d'un homme soupçonné d'être parti combattre en Syrie, il a été interrogé
sur le soutien matériel qu'il lui aurait apporté.

L'enquête a également été élargie à une lettre de Bailly qui, depuis sa cellule, demandait à une connaissance de s'en prendre à un des juges antiterroristes en charge du dossier. Dans ce courrier, intercepté en janvier, Bailly donnait à son interlocuteur un mode d'emploi pour fabriquer une bombe.

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