Festival de Cannes. A la 75e minute du film "Elvis" de Baz Luhrmann avec Austin Butler et Tom Hanks

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Écrit par Anne Le Hars

Durant ce 75e Festival de Cannes, la rédaction de France 3 Côte d'Azur vous propose d'évoquer les long-métrages en faisant une pause sur la 75e minute des films. En projection hors compétition ce mercredi 25 mai : "Elvis" de Baz Luhrmann avec Austin Butler, rôle-titre, et Tom Hanks, dans la peau du manager.

Dans les environs de Memphis, une villa immense à la décoration un peu tape-à-l’œil. A la 75e minute, la télévision est allumée, des images en noir et blanc relatent l’hommage national rendu à Martin Luther King.

Nous sommes en avril 1968, quelques jours après l’assassinat du chantre de la lutte contre la ségrégation des Noirs aux Etats-Unis.

Elvis Presley et sa femme Pricillia sont devant, les larmes aux yeux. La cause des Afro-Américains a toujours parlé au chanteur, lui qui a grandi dans un quartier déshérité.

Et dont l’éducation musicale s’est faite aux côtés des chanteurs de rythm’n blues. Le film de Baz Luhrmann nous le raconte bien, tout comme les débuts du jeune Elvis, artiste surdoué dont les déhanchés ont tout de suite rendu les filles dingues !

C’était un bad boy au cœur tendre, et après quelques débordements, il rentre dans le rang. Cette docilité le suivra, presque toute sa vie, car dès le commencement, Elvis Presley est coaché par un manager hors norme, aussi bienveillant à l’extérieur que redoutable à l’intérieur.

Le Colonel Parker comme il se fait appeler flaire vite l’incroyable potentiel de ce jeune homme à la gueule d’ange, il va faire de lui une star, mais aussi un prisonnier dans une cage dorée. Parker, interprété par un Tom Hanks vieux, dégarni et bedonnant va rester aux côtés de la star jusqu’à sa mort prématuré à l’âge de 42 ans.

Certains diront que c’est lui qui l’a tué, lui répond que c’est lui qui l’a fait… Deux vérités que le spectateur peut s’approprier, ou pas…

A la 75e minute, Elvis pleure sur la mort de Martin Luther King, il pleurera souvent dans ce film… et finalement, entre deux rock endiablés, nous aussi.

Tout savoir sur le film 

Austin Butler, dans le rôle-titre, et Tom Hanks, dans la peau du manager, sont attendus sur le tapis rouge.


Avant la projection cannoise et la sortie (24 juin aux USA, deux jours avant en France), il faut se contenter d'une bande-annonce de 3 minutes 30 qui fait déjà le buzz :


On y voit surtout l'Américain Austin Butler qui a la lourde tâche d'incarner le "King". Le Californien de 30 ans a plusieurs atouts. Comme partager certains traits poupins et sensuels avec l'Elvis Presley des débuts.

Savoir chanter aussi, puisque c'est sa voix qu'on entend, selon ce qui a déjà filtré dans la presse internationale.
Sans oublier un joli petit parcours dans le show-biz. Cet acteur, également mannequin, tourne depuis son adolescence dans des séries Disney.

Il est considéré comme l'une des étoiles montantes d'Hollywood.

Il a également tourné dans une dizaine de films dont "Once Upon a Time... In Hollywood" de Quentin Tarantino ou encore "The Dead Don't Die" de Jim Jarmusch.


"C'est son moment", comme on dit dans l'industrie du spectacle !

Bon ou mauvais signe ?

"J'ai reçu cette vidéo de ce jeune homme dans un torrent de larmes jouant Unchained Melody (chantée par Elvis) et je me suis dit -qu'est-ce que c'est que ça-?", aconfié à l'AFP le réalisateur.

"Et puis j'ai eu un message de Denzel Washington, que je connaissais pas. Il m'a dit +je viens de travailler avec ce gars sur scène, je n'ai jamais vu une éthique de travail comme ça+".

Le projet lui a pris trois ans de sa vie. Car après avoir été retenu au casting, il a travaillé pendant un an, avant le tournage, pour caler sa voix avec des coachs
vocaux et experts.

Priscilla Presley, la veuve de l'interprète de "Heartbreak Hotel", n'a dit que du bien du biopic sur ses réseaux sociaux.

Et la petite-fille du "King", Riley Keough qui vient de présenter à Cannes "War
Pony", ses premiers pas à la réalisation, a avoué qu'elle a pleuré "cinq minutes
après le début du film".

Après ça, "je n'ai pas arrêté, donc il faut que je le revoie", a-t-elle confié sur la Croisette.

Le film de 2H39 sera-t-il exhaustif sur la vie d'Elvis, artiste qui a souvent tutoyé la face sombre du rock'n'roll circus ?