Installé à Cannes, le secrétaire de Jean Moulin se souvient de la Résistance

Daniel Cordier à son domicile de Cannes, regardant une photo de Jean Moulin. / © Richard de Silvestro / France 3 Côte d'Azur
Daniel Cordier à son domicile de Cannes, regardant une photo de Jean Moulin. / © Richard de Silvestro / France 3 Côte d'Azur

Sur les 1 038 Compagnons de la Libération, ils ne sont plus que 7 à être encore en vie. Daniel Cordier, ancien secrétaire de Jean Moulin, est l'un d'entre eux. Installé à Cannes, dans les Alpes-Maritimes, il n'a rien oublié de son action de résistant.

Par Laurent Verdi et Pierre Vaireaux

Son pas est hésitant mais sa mémoire reste encore vive. Daniel Cordier montre une image qui malgré le temps n'a pas vieilli, "c'est la photo du patron".

Célèbre portrait de Jean Moulin, chef de la Résistance, coiffé d'un chapeau. / © Marcel Bernard / INA
Célèbre portrait de Jean Moulin, chef de la Résistance, coiffé d'un chapeau. / © Marcel Bernard / INA

Le patron, c'est Jean Moulin, alias Rex. Le chef de la résistance en France pendant la seconde guerre mondiale. Daniel Cordier a été son secrétaire entre 1942 et 1943. Leur première rencontre dans un restaurant lyonnais est restée gravé dans sa mémoire :

"La première question qu'il m'a posé c'était: pourquoi vous avez quitté la France en 1940 ? J'étais indigné. Je lui ai dit que Pétain avait trahi, et j'ai voulu me battre parce que je voulais que la France gagne", raconte Daniel Cordier à propos de Jean Moulin.


Le reportage de Pierre Vaireaux et Richard de Silvestro :


L'appel du général de Gaulle


Le 18 Juin 1940, lorsqu'il entend l'appel du général de Gaulle, Daniel Cordier n'a pas encore 20 ans mais il n'hésite pas à embarquer pour l'Angleterre.

A Londres, il suit une formation militaire, puis en 1942 il est parachuté en France. Quelques jours plus tard, Jean Moulin l'engage comme secrétaire, à Lyon.

Son histoire et ses mois passés aux cotes de Jean Moulin, Daniel Cordier ne les racontera dans des livres que 40 ans plus tard, lorsque l'honneur de son "Patron", accusé d'espionnage est attaqué.

"Ça c'était inacceptable, d'abord faux, mais inacceptable que des anciens résistants puissent mentir et dire des horreurs criminels puisqu'il accusait Moulin d'être un traître" s'exclame Daniel Cordier.

Maurassien puis résistant


Camelot du roi, résistant, puis marchand d'art après la guerre, Daniel Cordier est devenu historien, par fidélité mais aussi par devoir de mémoire. A presque 100 ans, l'infatigable compagnon de la libération prépare un dernier ouvrage.

"Je pense que l'année prochaine ça va sortir. C'est la suite et la fin de ma mission" explique l'ancien secrétaire de Jean Moulin au sujet de son prochain livre.


La fin d'une mission pour Daniel Cordier, l'un des 7 derniers compagnons de la libération encore en vie, même s'il promet de toujours perpétuer le devoir de mémoire.

Le magazine de 26 minutes de France 3 Nouvelle-Aquitaine sur la vie de Daniel Cordier.


A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus