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Siam, verbalisée à Cannes parce qu’elle portait un voile : « Je me sens humiliée alors que je ne fais rien de mal »

Siam, 34 ans, mère de famille a été verbalisée la semaine dernière sur une plage de Cannes. Elle ne portait pas de burkini mais un voile.
Reportage : Romane Idres et Pierre Olivier Casabianca.
La semaine dernière sur une plage de Cannes, Siam, 34 ans, a été verbalisée. Habillée, voilée, elle ne portait pas de burkini.  C’est pourtant au nom de l’arrêté municipal interdisant le port de ce maillot couvrant que les policiers municipaux lui ont donné une amende. L'arrêté stipule simplement que les tenues portant "atteinte aux bonnes moeurs et à la laïcité" sont interdites.

Se dévêtir ou partir

Devant ses enfants en pleurs, elle on lui a demandé de se dévêtir ou de quitter la plage.  Autour d'elle, des vacanciers ont lancé des insultes racistes. « Je me sens mal. Je me sens humiliée, pointée du doigt alors que je fais rien de mal, je suis avec mes enfants, ma famille, on veut passer un moment, explique la mère de famille au micro de France 3 Côte d’Azur. Moi c’est mon pays, je l’aime, je n’ai pas envie de me sentir étrangère. De me sentir rejetée dans mon pays. »

"C'est mon pays, je l'aime"

Siam a contacté le collectif contre l'islamophobie en France pour contester l'amende. Sur cette affaire, le maire (LR) de Cannes David Lisnard n'a pas pris de position claire et se retranche derrière le droit : « Une contestation d’infraction c’est régulier et si les arguments de la personne verbalisée sont fondés, il faut qu’elle fasse valoir ses arguments. C’est comme ça qu’on vit en démocratie », argue-t-il.

Subjectivité

L'événement a pris une ampleur nationale Bernard Cazeneuve a reçu le président du Conseil Français du culte musulman en urgence. Les associations montent au créneau. La Fédération des musulmans du Sud veut écrire au préfet pour faire annuler l'arrêté :« En quoi on devrait demander à un policier municipal de se placer en juge des mœurs ? » Demande Feiza Ben Mohamed, porte-parole de la Fédération des Musulmans du Sud.  « S’il voit une femme avec des seins nus ou un string sur la plage, est-ce qu’elle porte atteinte aux bonnes mœurs ou pas ? On laisse place la subjectivité des policiers municipaux qui sont pris en otage par cet arrêté. »

En tout, une trentaine de communes ont adopté cet arrêté. Il  a été validé par le tribunal administratif de Nice. Mais la Ligue des droits de l'homme et le Collectif contre l’islamophobie en France portent l'affaire devant le conseil d'état qui examine en ce moment la requête en audience publique.
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