Affaire Omar Raddad : un supplément d’information a été ordonné par le Palais de Justice de Paris, un renvoi prévu le 15 septembre

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Ce jeudi 19 mai, un supplément d’information a été ordonné à Paris, par la commission d’instruction de la cour de révision, concernant l’affaire Omar Raddad. Un renvoi est fixé au 15 septembre prochain.

L'espoir d'un procès en révision est devenu un peu plus réalité ce jeudi 19 mai. Une audience se tenait cette après-midi au Palais de Justice de Paris, auprès de la commission d’instruction de la Cour de révision. L'audience s'est tenue à huis clos.

Celle-ci a décidé d'un supplément d'information, et d'un renvoi au 15 septembre, a confirmé à France 3 Côte d'Azur son avocate, Maitre Sylvie Noachovitch.

La commission d'instruction de la cour de révision avait accepté en décembre 2021 de rouvrir le dossier du meurtre de la propriétaire d'une villa du bassin cannois, Ghislaine Marchal, la veuve d'un riche équipementier automobile., en juin 1991. 

Les magistrats parisiens avaient alors consenti aux demandes de complément d'information de la défense de l'ancien jardinier azuréen.

Un événement rarissime

Cette nouvelle audience annoncée pour le 15 septembre doit permettre à la commission d'instruction de la Cour de révision de décider si la requête est irrecevable ou si elle saisit la Cour, laquelle devra décider de la tenue d'un nouveau procès. Un fait rarissime en France. 

Un complément d'information déjà ordonné en décembre 2021

La commission d'instruction de la Cour de révision avait ordonné, le 16 décembre dernier, un complément d'information, et souhaitait notamment analyser les conclusions d'un expert en génétique qui a étudié quatre empreintes ADN, trouvées sur deux portes et un chevron de la scène de crime.

Ces traces ADN ne correspondaient nullement au profil génétique de l’ex-jardinier. C'est sur ces deux portes qu'avaient été écrites les inscriptions "Omar m'a tuer", en lettres de sang.

Dans des notes de 2019 et 2020, l'expert en génétique avait relevé la présence de 35 traces d'un ADN masculin inconnu sur une partie de l'inscription, puis conclu en faveur de l'hypothèse d’un dépôt de ces empreintes au moment des faits et non d'une "pollution" ultérieure, notamment par les enquêteurs.

Ce jeudi 19 mai, la défense d'Omar Raddad a ainsi présenté de nouveaux arguments justifiant selon elle une saisine de la Cour de révision. 

Une enquête secrète

Maitre Sylvie Noachovitch a détaillé des éléments issus d'une "enquête secrète" de la gendarmerie, entre 2002 et 2004. Cette investigation avait été ensuite révélée dans un livre de Jean-Michel Décugis, Pauline Guéna et Marc Leplongeon : "Ministère de l'injustice" ( Ed. Grasset).

"Les enquêteurs qui ont fait ce dossier vont être entendus" avant le 15 septembre, a assuré Me Noachovitch.

Une affaire judiciaire hors-norme

Voilà plus de 20 ans que cette affaire judiciaire azuréenne est dans toutes les têtes. Sans que quiconque n’ait pu en démêler tous les aspects.

Condamné pour le meurtre de Ghislaine Marchal, puis grâcié par le président Chirac, Omar Raddad n’a jamais cessé, depuis 1991, de clamer son innocence concernant ce meurtre sur les hauteurs de Mougins, dans les Alpes-Maritimes.

-Avec AFP