INTERVIEW. Festival de Cannes. Seins nus sur le tapis rouge, une activiste dénonce les violences sexuelles en Ukraine

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Écrit par Anne Le Hars, Pauline Thurier, Camille Nowak

Ce vendredi 20 mai, lors de la montée des marches du 75e Festival de Cannes une femme a couru sur le tapis rouge et a crié alors que la cérémonie débutait. Vite interpellée, elle dénonçait les violences sexuelles faites aux femmes ukrainiennes depuis le début du conflit avec la Russie. L'activiste se revendique du mouvement, SCUM. Elle nous a expliqué son geste.

Alors que la montée des marches se déroulait, vers 18H30 ce vendredi soir, une femme s'est invitée sur le Red Carpet du Festival de Cannes.

Au pied des marches, devant les photographes professionnels, elle est tombée devant eux en criant.

Elle était couverte de peinture rouge sur le corps et notamment sur ses sous-vêtements. Le femme  portait un drapeau de l'Ukraine peint sur ses seins avait un message en anglais : 

"Pendant que le monde est ici, des petites filles sont violées"

"SCUM" : crasse et boue

L'action a été rapidement revendiquée par le SCUM, un mouvement d'activistes féministes et radicales. Le mot anglais "scum" signifie crasse et boue.

Contactée en début de soirée, celle qui se présente comme celle présente sur le tapis rouge, nous a précisé que d'autres actions de son mouvement se sont déjà déroulées notamment en Belgique. 

On a décidé ce soir de dénoncer les viols de guerre, le proxénétisme de guerre. On parle de viols, de GPA, on nous utilise comme ventre sur pattes… On pense que personne ne parle des femmes. Il faut que tout le monde sache. On montre.

La manifestante de Cannes ce 20 mai, membre du SCUM.

La manifestante se présente originaire de la région parisienne et âgée de 18 ans.

Un mouvement d'activistes ancien ?

Sur leurs réseaux ce groupe se présente comme :  "Nous sommes les SCUMs, féministes radicales . Nous dénonçons toutes les violences commises par les hommes sur les femmes, nous clamons leur injustice, et nous nous battons pour leur abolition à la racine. Nous sommes les mécréants du culte du phallus, les blasphématrices de la religion patriarcale."

En 1967, un pamphlet intitulé "SCUM Manifesto" rédigé par Valérie Solanas, proclamait la supériorité biologique des femmes et appelait alors à l’éradication progressive des hommes. Ce livre,  a inspiré des générations de féministes,  selon le journal Le Monde.

Depuis le début du conflit en Ukraine, des  témoignages de femmes victimes de violences, notamment sexuelles sont mis au jour. 

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait dénoncé dès la mi-avril "des  centaines de cas de viol" constatés dans les zones précédemment occupées par l'armée russe,  "y compris de jeunes filles mineures et de tout petits enfants".

La montée des marches de ce vendredi soir était celle du film de George Miller, "Trois mille ans à t'attendre". Film dont l'histoire n'est pas liée à des violences faites aux femmes.

L'exposition médiatique qu'offre le Festival de Cannes semble une nouvelle fois avoir motivé ce groupe revendicateur.

Ce lundi 22 mai, une autre action de défense des femmes, s'est déroulée sur les marches à l'occasion de la projection du film "Riposte féministe".