Concours d'admission à l'Education Nationale : Quentin Lhuillier, professeur niçois crie à l'injustice

Contrairement à certains candidats externes, les agents contractuels de l'Education nationale devront passer un oral, en plus de l'écrit déjà réalisé. Quentin Lhuillier, professeur de sciences économiques et sociales est porte-parole d'un collectif contre "cette décision abritaire et injuste".

 

En trois semaines, le collectif lancé par Quentin Lhuillier compte 2 200 membres.
En trois semaines, le collectif lancé par Quentin Lhuillier compte 2 200 membres. © Quentin Lhuillier
Depuis quatre ans, Quentin Lhuillier enchaîne les contrats à durée déterminée, entre les lycées niçois ou cannois pour un salaire 1 450€ par mois. Cette année, après avoir passé les écrits du concours de l'Education nationale, il est admissible aux oraux. Dans un communiqué, le Ministre de l'Education indique les modalités : les externes n'ayant pas commencé que le concours ne passeront que les écrits alors que les internes passeront leurs oraux en septembre.

"Arbitraire et injuste" 

"Cette décision contrevient complètement à l'objectif de justice sociale de l'Education nationale" s'insurge Quentin Lhuillier. 

Des oraux à la rentrée et un été à réviser. "Les bibliothèques universitaires sont fermées. Au final, cette mesure profite à ceux qui ont le plus de ressources".

Alors, la grogne s'est organisée sous le collectif "Des admissibles aux concours internes de l'Education nationale" dont Quentin Lhuiller est porte-parole. "En trois semaines, on est 2 200 membres et 21 500 personnes ont signé la pétition" explique-t-il. A l'attention de Jean-Michel Blanquer, cette pétition regroupe les arguments de ceux qui se sentent lésés.
Beaucoup de questions restent en suspens : "Qu'en sera-t-il des affectations et des salaires à la rentrée de septembre ?" peut-on lire. 
 

Un solide soutien politique 

Le collectif a réuni le soutien de différents groupes parlementaires, LR, socialistes, UDI-centristes, communistes ou encore du nouveau groupe parlementaire Ecologie solidarité démocratie.

"Nous sommes, face à cette mesure, confrontés à un problème d’équité et de justice sociale entre les internes et les externes" - écrit le député Aurélien Taché .


Pour Jean-Christophe Lagarde, président du groupe UDI "cette inégalité de traitement pose un double problème, à savoir, d’une part, l’impossibilité pour ces derniers de préparer convenablement les programmes scolaires et la rentrée, puisqu’ils seront concentrés sur la préparation des épreuves orales et, d’autre part, une nomination en cours d’année qui risque de perturber les élèves, dont le quotidien devrait déjà être affecté par les règles sanitaires qui seront mises en oeuvre." 

"On a reçu quelques réponses positives de députés LREM et on attend les soutiens locaux de Marine Brenier et Christian Estrosi" conclut Quentin Lhuiller. 

Admettre les 8 000 internes admissibles

Mercredi 27 mai, une délégation du collectif dont Quentin Lhuillier a été reçue en visioconférence, par le cabinet du Ministre accompagné de la Direction générale des ressources humaines de l’Éducation Nationale.

" Notre proposition : tous les candidats admissibles des concours internes doivent être déclarés admis, en répartissant ces admissions sur 2 années" déclare le professeur niçois. 


8 000 admissions contre 4 000 ouvertures de postes, pour Quentin Lhuillier, "ce ne sera pas de trop (...,) quand on voit des classes de 36 élèves et une rentrée qui s'annonce bien particulière...". 

Face à cette proposition, le cabinet évoque un budget à respecter. "Le gouvernement vient de débloquer des milliards pour sauver des secteurs économiques, on peut se poser la question : faut-il ou non investir dans l'école ? "

Seule inconnue à l'équation, la réponse de Jean-Michel Blanquer. 

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