Grasse : 3 ans requis pour la revente de défenses d'éléphant avec faux certificat

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Écrit par Emma Derome .

Quatre hommes étaient poursuivis, ce mardi, devant le tribunal correctionnel de Grasse pour avoir tenté de vendre aux enchères des défenses d'éléphant avec de faux certificats. Le parquet a requis 30 mois à 3 ans de prison et 20 à 40 000 euros d'amende.

Quatre hommes, dont deux brocanteurs, étaient poursuivis ce mardi 26 novembre devant le tribunal correctionnel de Grasse pour avoir tenté de vendre aux enchères deux paires de défenses d'éléphant avec de faux certificats. Leur prix : 8 000 et 30000 euros, pour 110 kg d'ivoire au total.

La supercherie aurait été découverte en 2013 après que le commissaire priseur de la salle des ventes de Cannes ait eu des doutes sur les certificats, entraînant le retrait des défenses du catalogue.
 
Les quatre hommes étaient renvoyés pour tentative d'escroquerie et faux"On m'a proposé des certificats, qui pour moi étaient bons, il y avait une entête", s'est défendu à la barre Jean Roger, 78 ans, principal protagoniste du dossier avec son ami antiquaire, Auguste Combes, tous deux issus de la communauté des gens du voyage.

"C'est comme si vous achetiez une voiture et qu'un ami vous donne une carte grise pour aller avec", s'est étonné le président du tribunal Martin Delage.

M. Roger a affirmé que les défenses lui venaient de son père. Après l'échec de la vente, il aurait mêlé à l'affaire deux autres hommes pour tenter de récupérer l'ivoire avec d'autres certificats, notamment Gérard Sawicka, un importateur parisien de 66 ans, absent à l'audience. 

Des vérifications à l'initiative de l'office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) avaient permis de découvrir que les documents officiels autorisant la détention et le commerce des défenses étaient des faux. Jean-Claude Menjoulet, inspecteur à l'ONCFS, a réagit : 

C'est l'histoire d'un trafic ordinaire, sauf qu'il y a quand même des faux documents pour tenter de commercialiser illégalement l'ivoire, et c'est assez emblématique, car vous avez une paire de défenses d'un très gros modèle, donc un éléphant très vieux, très gros, qui a été abattu on ne sait pas quand...

Pour arrêter le braconnage, la loi s'est durcie d'années en années. "Aujourd'hui, vous avez le droit de détenir de l'ivoire mais la loi interdit la commercialisation sauf à avoir une documentation très contraignante", a-t-il ajouté. Comme par exemple, des photos d'époque attestant de l'acquisition ou de l'importation de l'ivoire avant certaines dates.
 

Destruction des défenses saisies

Les représentants du parquet, qui souhaitent "envoyer un signal fort pour que cesse le trafic" ont requis 30 mois à 3 ans de prison et 20 à 40 000 euros d'amende et la confiscation des défenses pour leur destruction.

 Le jugement a été mis en délibéré au 11 décembre.
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