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La ville de Grasse libère des surfaces constructibles pour en faire des champs de plantes à parfum

La cueillette des fleurs de jasmin sur l'exploitation de Carole Bancalana en contrebas de Grasse dans les Alpes-Maritimes. / © Guilhem RICAVY / MAX PPP
La cueillette des fleurs de jasmin sur l'exploitation de Carole Bancalana en contrebas de Grasse dans les Alpes-Maritimes. / © Guilhem RICAVY / MAX PPP

Les élus ont adopté un nouveau plan local d'urbanisme qui classe 21% du territoire de la commune en surfaces agricoles, contre 4% auparavant.

Par AFP édité par C.L

Moins de bétonnage, plus de plantes à parfum ! Voilà en résumé l'esprit du nouveau Plan Local d'Urbanisme de la ville de Grasse.
Le vote a eu lieu ce mardi en conseil municipal. Il multiplie par cinq les surfaces agricoles, ce qui libère près d'une centaine d'hectares de terrains déjà viabilisés ou promis à une urbanisation. Au total, ces surfaces agricoles passent de 178 à 928 hectares, dont 70 d'ores et déjà sanctuarisés pour de la plante à parfum, dans les quartiers de Saint-Marc et Saint-Mathieu abritant des traces d'un passé horticole, mas, restanques.
 
La fleur se ramasse à peine éclose, et les parfumeurs réservent les productions avant même la récolte. / © Richard de Silvestro
La fleur se ramasse à peine éclose, et les parfumeurs réservent les productions avant même la récolte. / © Richard de Silvestro

    

Parallèlement, depuis juillet 2014 et la préparation de ce nouveau PLU, la mairie travaille avec la chambre d'agriculture pour restituer des terres aux cultures de plantes à parfum et faciliter l'installation de jeunes agriculteurs



explique Nathalie Campana, directrice générale adjointe de l'urbanisme de Grasse, qui précise que sur des des surfaces plus petites, on permet aussi une facilitation du maraîchage.

 

C'est un vrai secteur de développement économique. Les parfumeurs qui achetaient la rose et le jasmin en Afrique du Nord reviennent aujourd'hui à la marque Grasse, pour le terroir, pour l'aspect qualitatif et moins dans la production de masse



souligne t-elle. 
 

Le renouveau d'un territoire


Mondialement réputée, la production locale de plantes à parfum à Grasse a été menacée de disparition au milieu des années 2000 par la concurrence des fleurs cueillies à moindre coût dans le reste du monde et la pression immobilière, très forte sur la Côte d'Azur.
La production locale recommence à augmenter depuis une dizaine d'années et Grasse est candidate à une inscription de ses savoir-faire liés au parfum à la liste Unesco du Patrimoine culturel immatériel de l'humanité.
 

On a récolté à Grasse jusqu'à 1.600 tonnes de rose Centifolia et 2.000 tonnes de jasmin Grandiflorum en 1939 mais seulement 300 tonnes en 1971.  En 2017, la production de roses a repassé la barre des 80 tonnes pour 49 hectares cultivés et atteint 11,5 tonnes pour le jasmin (5 à 7 hectares cultivés), selon des chiffres de Prodarom, le syndicat national des fabricants de produits aromatiques.
 
Un orgue à parfums. Image d'illustration. / © MAX PPP
Un orgue à parfums. Image d'illustration. / © MAX PPP


Le secteur, parfums, arômes et cosmétiques, représente une soixantaine d'entreprises pour environ 4.600 emplois direct autour de Grasse, la seule ville industrielle des Alpes-Maritimes.
 

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