Aide aux migrants : l’enseignant de Nice Pierre-Alain Mannoni jugé en appel se dit prêt "à le refaire"

L'enseignant-chercheur de Nice Pierre-Alain Mannoni, est jugé en appel ce mercredi 23 septembre à Lyon. Il est poursuivi pour avoir transporté trois Érythréennes en 2016. A la barre, il s'est dit prêt "évidemment"
à le refaire.

Avant l'audience, Pierre-Alain Mannoni tiendra une conférence de presse ce mercredi 22 septembre.
Avant l'audience, Pierre-Alain Mannoni tiendra une conférence de presse ce mercredi 22 septembre. © OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
C'est la deuxième fois que la Cour d'appel lyonnaise examinait un dossier d'aide aux migrants, après celui de l'emblématique agriculteur de la vallée de la Roya, Cédric Herrou, relaxé en mai pour avoir convoyé quelque 200 clandestins.

Il avait été condamné en 2017 à quatre mois de prison avec sursis.

5e audience en 4 ans pour Délit de Solidarité...Parce que secourir des humains en détresse n'est pas un crime !

Pierre-Alain Mannoni

L'universitaire de 49 ans a tenu une conférence de presse avant l'audience de ce mercredi, en évoquant son aide aux jeunes migrantes. Cinq mois d'emprisonnement avec sursis ont été requis ce mercredi contre lui.

6 heures d'audience


Durant une audience de plus de six heures, menée par le président Alain Vogelweith, le chercheur a été interrogé avec minutie sur les raisons et les objectifs du transport de ses jeunes passagères arrêtées avec lui au péage de la Turbie le 18 octobre 2016.

"Je l'ai fait. J'étais content de montrer l'exemple à ma fille. Je n'arrive pas à imaginer comment j'aurais pu assumer abandonner ces jeunes femmes à leurs souffrances physiques et psychologiques dans lesquelles elles étaient. Donc évidemment, je le referais", a poursuivi M. Mannoni.
Pierre-Alain Mannoni et ses soutiens défendent le "principe de fraternité", reconnu par la Cour constitutionnelle en 2019.
Pierre-Alain Mannoni et ses soutiens défendent le "principe de fraternité", reconnu par la Cour constitutionnelle en 2019. © Valérie Benais / FTV
Le 18 octobre 2016, ce père de famille, spécialiste en écologie marine, avait été interpellé au péage de La Turbe dans les Alpes-Maritimes, près de Menton, avec dans sa voiture trois Érythréennes "blessées" venues d'Italie qu'il emmenait depuis un squat à son domicile pour les héberger une nuit avant de les conduire à la gare de Cagnes-sur-Mer pour qu'elles puissent être soignées à Marseille.

 

C'est un geste qui n'est pas condamnable d'un point de vue du droit naturel, du droit français et européen.

Pierre-Alain Mannoni

durée de la vidéo: 01 min 46
M. Mannoni, jugé pour avoir aidé des migrants

Ce nouveau procès pour aide au séjour et à la circulation d'étrangers en situation irrégulière nourrit les espoirs des militants de l'aide aux migrants après la reconnaissance du "principe de fraternité" par la Cour constitutionnelle, saisie fin 2018 par M. Mannoni et l'agriculteur de la vallée de La Roya Cédric Herrou, tous deux condamnés pour des faits similaires.

Le délibéré de la Cour d'appel sera rendu le 28 octobre.
 
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