Attentat de Nice : la juge refuse l’accès aux éléments de la procédure demandé par l’association Promenade des Anges

Partie civile dans l’instruction sur le dispositif de sécurité du 14 juillet 2016, l’association d’aide aux victimes de l’attentat de Nice se voit refuser l’accès aux éléments de la procédure pénale. Une injustice pour les membres de l'association. 
 

L'association d'aide aux victimes Promenade des Anges se dit indignée par cette décision de justice
L'association d'aide aux victimes Promenade des Anges se dit indignée par cette décision de justice © Valery Hache / AFP
C’est l’incompréhension du côté de la Promenade des Anges. Cette association d’aide aux victimes de l'attentat de Nice s’est portée partie civile dans l’information judiciaire concernant le dispositif de sécurité le 14 juillet 2016. Il s’agit de savoir s’il y a eu, de la part de la Ville de Nice, « mise en danger d’autrui par violation manifeste délibérée d’une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence. »

L’association souhaitait accéder aux éléments de la procédure pénale, pour travailler sur le dossier. Mais Chantal Russo, la juge en charge de l’instruction, a refusé cette demande, considérant que : « des investigations importantes sont toujours en cours et qu’eu égard à la nature « hors norme » des faits dont l’impact reste prégnant, il importe que l’information judiciaire se poursuive dans un cadre serein sans risque de pression […] ».
 

Comment oser parler de pression de la part des victimes de l’attentat ?
 

Pour l’avocat de l’association, rien ne justifie cette décision. « On peut comprendre un refus de ce type s’il y a la crainte qu’une partie exerce des pressions sur les mises en cause ou sur les témoins. Mais en l’espèce, comment oser parler de pression de la part des victimes de l’attentat ? », réagit Maître Jérémie Assous.

 « Cette motivation témoigne du mépris avec lequel la justice traite les parties civiles, s’insurge dans un communiqué l’association Promenade des Anges. Au contraire, nous devrions être associées à l’œuvre de justice, qui devrait nous permettre d’accéder directement au dossier, sans nous faire courir le risque de ne disposer que d’informations parcellaires. »

Pour l’association, la décision passe d’autant plus mal que la Ville de Nice a obtenu l’autorisation du juge d’accéder aux éléments de la procédure, en mai 2019.
 

Les membres de l’association le vivent comme quelque chose d’extrêmement irrespectueux.
 

Autre sujet de désaccord pour l’association : le Tribunal avait ordonné en mai 2019 une expertise dont l’objet est de faire la lumière sur les conséquences de la présence de plots en béton sur la trajectoire du camion. La date de dépôt du rapport, initialement fixée au 21 janvier, est reportée au mois de juin 2020, « soit postérieurement aux élections municipales », souligne l’association.  « Cette expertise est un simple calcul mathématique. Son report est scandaleux, les membres de l’association le vivent comme quelque chose d’extrêmement irrespectueux », souligne Maître Jérémie Assous.

L’association Promenade des Anges a fait appel de ces deux décisions de justice. Contacté, le Procureur de Nice, Xavier Bonhomme, ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet.   
 
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