Attentat de Nice : Paris Match dénonce l'envoi d'huissiers chez ses imprimeurs

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Écrit par Anne Le Hars

L'hebdomadaire Paris Match, qui s'est vu interdire mi-juillet par la justice toute nouvelle publication de photos jugées "indécentes" de l'attentat de Nice, proteste contre l'envoi d'huissiers accompagnés de policiers chez ses imprimeurs pour s'assurer qu'il avait bien exécuté cette décision.

Le 13 juillet, le tribunal de grande instance de Paris avait interdit à l'hebdomadaire "toute nouvelle publication" de deux photos de l'attentat de Nice, survenu le 14 juillet  2016, sans toutefois ordonner le retrait du journal des kiosques. Il a également interdit leur diffusion sous format numérique.



Dans un communiqué, le magazine s'est dit "stupéfait qu'à la requête du procureur de la République de Paris, des huissiers, pour l'un deux accompagné de policiers armés, se soient rendus dans les locaux de ses imprimeurs mardi 1er août afin de vérifier la bonne exécution de la décision".

Selon le magazine, ces huissiers "se sont fait remettre sous la contrainte tous les documents relatifs à l'impression du numéro contenant les images déjà poursuivies de l'attentat de Nice, au prétexte que Paris Match aurait pu tenter de faire disparaître ou maquiller des preuves et de faire pression sur ses imprimeurs".



"Cet usage de la force publique, inédit dans l'histoire du journal, est exorbitant", a estimé Paris Match, qui assure avoir "toujours respecté les décisions de justice", et n'avoir "pas pour habitude de dissimuler quoi que ce soit ni de faire pression sur ses imprimeurs". 

"Portent atteinte à la dignité humaine"


Dans leur décision, rendue à la veille de la commémoration de l'attentat qui avait fait 86 morts et 450 blessés sur la Promenade des Anglais, les juges avaient estimé que deux photos publiées dans le magazine, sur lesquelles les victimes sont reconnaissables, "portent atteinte à la dignité humaine".


Paris Match s'était "félicité" que le retrait du journal des kiosques n'ait pas été ordonné, et avait affirmé défendre "le droit des citoyens à être informés et à connaître la vérité, et le droit des victimes que nous avons rencontrées à témoigner pour qu'on ne les oublie pas". 

Avec afp