La justice se penche sur le “casse du siècle” de Nice, quatre décennies après

Jacques Cassandri, cerveau supposé du casse de la Société Générale de Nice. / © BORIS HORVAT / AFP
Jacques Cassandri, cerveau supposé du casse de la Société Générale de Nice. / © BORIS HORVAT / AFP

Plus de 40 ans après le légendaire "casse du siècle" commis à Nice, une figure du banditisme marseillais, Jacques Cassandri, comparaît ce lundi 12 février à Marseille: il s'est trahi dans un livre en se proclamant "cerveau" de l'opération.

Par LV avec AFP

Le septuagénaire qui comparaît libre, visage rond et lunettes rectangulaires, a écouté avec attention la juge Christine Mée décliner la dizaine de délits qui lui sont reprochés, d'une escroquerie en bande organisée à des abus de biens sociaux.

Début du procès ce lundi :

Casse du siècle: le procès de Jacques Cassandri débute à Marseille ce lundi


Onze autres prévenus, dont les deux enfants de Jacques Cassandri, sont jugés à ses côtés. Mais l'incrimination pour laquelle le dossier, jugé jusqu'à vendredi devant le tribunal correctionnel de Marseille, sort du commun, est le blanchiment aggravé du butin du casse de la Société générale à Nice, en 1976.

Une équipe de malfaiteurs avait dérobé 46 millions de francs dans la salle des coffres, soit 29 millions d'euros, en passant par les égouts. Les faits sont prescrits, le butin, l'un des plus élevés dérobés au XXe siècle, n'a jamais été retrouvé... mais le blanchiment des fonds peut encore être jugé. Cassandri, déjà condamné pour trafic de drogue, proxénétisme ou extorsion, aurait utilisé le butin pour financer sa carrière criminelle, et ses multiples investissements, parfois via ses enfants : appartements, discothèque à Marseille, terrains...



Rattrapé in extremis


C'est in extremis que la justice a pu rattraper l'homme de 73 ans, après la parution d'un livre dans lequel il s'autoproclame cerveau du spectaculaire vol, reléguant le célèbre Albert Spaggiari au rang de second rôle. Le livre est écrit en 2010 sous pseudonyme, mais Jacques Cassandri s'est abondamment vanté devant ses proches d'en être l'auteur. Il a fini par le reconnaître également devant le juge d'instruction.

"Ce livre est un roman, un roman n'est pas une source de preuve", a justifié son avocat Frédéric Monneret avant l'ouverture de l'audience. Les faits de blanchiment qui lui sont reprochés sont "une construction, une vue de l'esprit", soutient-il.




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