Les taxis de Nice dénoncent leur condition d’accès à Monaco et menacent de manifester pour le Grand Prix

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Les chauffeurs de taxis azuréens ont déposé un préavis de manifestation pour dénoncer les difficultés qu’ils rencontrent pour accéder à la Principauté. Leur syndicat envisage un mouvement pour le 26 mai jour du Grand Prix de Monaco.

Pour conduire leurs clients jusqu’au territoire monégasque, certains décrivent un véritable chemin de croix :

Nous devons nous déclarer, quand nous allons sur le territoire monégasque, nous devons payer pour aller sur le territoire monégasque, nous devons avoir des quotas, et maintenant une saisonnalité sur les vignettes, donc il y a plein de choses qui ne sont pas acceptables

détaille Fabrice Cavallera, le président du syndicat des taxis niçois.

C'est lui qui a déposé auprès de la préfecture des Alpes-Maritimes le préavis de manifestation, le 26 mai, en amont du Grand Prix de Formule 1 à Monaco.

Un avis partagé

Rencontrés au Terminal 1 de l’aéroport Nice Côte d’Azur par des équipes de France 3 ce vendredi 13 mai, d’autres professionnels abondent dans ce sens, comme Yacine Alem.

Ce chauffeur de taxi qui habite à Cap d’Ail, dénonce un climat de plus en plus tendu avec ses confrères monégasques : "ils nous reprochent de nous voir trop souvent sur Monaco. On n’y peut rien, tous nos clients veulent aller sur Monaco. Par déduction, à certains moments ils nous croisent sur les accès de Monaco. Et il y a une forme de jalousie aussi parce qu’il y a pas mal de clients qui nous sollicitent parce nous sommes disponibles, on est courtois aussi."

La mairie de Nice a communiqué dans la journée pour tenter de calmer le jeu.

A plusieurs reprises ces derniers mois, "Gaël Nofri, adjoint au Maire délégué à la Circulation, au Stationnement et à la Logistique Urbaine a reçu les syndicats de chauffeurs de taxis et VTC niçois et maralpins afin d’évoquer les relations de travail avec la Principauté de Monaco" fait savoir le texte.  

Et à Monaco ? 

Côté monégasque, les professionnels du transport ne voient pas les choses sous le même angle. René Baché promène son taxi sur les routes monégasques : "je ne ressens pas ça, non, pour nous tout va bien, nous ne chargeons pas en France. Je croyais que c’était bien entendu tout ça."

Le gouvernement princier n’a pas tardé à répondre. Sur son site, le gouvernement princier a expliqué que :

Dans le cadre des relations de travail avec la Principauté de Monaco, Christian Estrosi a évoqué ce matin avec son altesse Albert II la situation des taxis et VTC niçois.

Gouvernement princier de la principauté de Monaco

Au cœur des discussions : la décision du gouvernement monégasque de restreindre l’accès de taxis et VTC français à la Principauté de Monaco. 

Conscient des inquiétudes que cette restriction représente pour eux, Christian Estrosi, maire de Nice, président de la Métropole Nice Côte d’Azur, et président délégué de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, a notamment rappelé ce vendredi 13 mai 2022 :

C’est dans l’esprit de ces relations, et conscients de l’atout favorable que représentent les Masters Monte Carlo et le Grand Prix de Formule 1 pour notre territoire, que nous devons avancer vers une solution bénéfique pour tous et respectueux du principe de réciprocité.

Christian Estrosi

Un dialogue permanent

Le gouvernement monégasque évoque quant à lui un "dialogue permanent depuis plusieurs semaines avec l’Ambassade de France à Monaco et la Préfecture des Alpes-Maritimes afin de trouver un équilibre entre les attentes des professionnels français et la préservation des intérêts légitimes des professionnels de la Principauté".

Des propositions concrètes ont été formulées explique l'autorité monégasque, "qui paraissent répondre aux intérêts de tous".

Elle espère voir ses interlocuteurs "privilégier la voie de la concertation et du dialogue" avant de rappeler qu'il serait "regrettable regrettable pour la Principauté de gâcher ce début de saison touristique prometteur à Monaco comme sur l’ensemble de la Côte d’Azur, avec des manifestations après deux années de crise sanitaire inédite à laquelle s’ajoute un conflit international en Europe."

De quoi inciter les taxis français à lever le pied, à l'approche d'un été que tous souhaitent synonyme de succès touristique.