À Nice, les écologistes partent seuls à l’élection municipale

Jean-Marc Governatori devrait mener une liste d'union des écologistes avec Juliette Chesnel. / © France Télévisions
Jean-Marc Governatori devrait mener une liste d'union des écologistes avec Juliette Chesnel. / © France Télévisions

Les écologistes partent ensemble à la conquête de la mairie de Nice en mars 2020. Unis, entre eux, pas d'accord avec le Parti socialiste de Xavier Garcia ou avec Patrick Allemand.

Par Henri Migout édité par Laurent Verdi

Les résultats des dernières élections européennes étaient très bons à la fois dans les Alpes-Maritimes et à Nice : un peu plus de 12%, ce à quoi il faut rajouter les scores de listes plus marginales comme le Parti Animaliste, par exemple.

Depuis ces bons résultats, l’idée chemine dans l’esprit des écologistes niçois : et si nous y allions seuls ? En clair, sans faire d’union avec le Parti Socialiste et d’autres forces de gauche.

C’est cette décision qui a été prise ce week-end : oubliée l’union envisagée un temps avec Xavier Garcia, le premier secrétaire de la Fédération PS 06. Les écologistes ont dit oui à une aventure solitaire mais sous le signe de l’union.

Pour Juliette Chesnel, conseillère municipale Europe Écologie Les Verts à Nice, "c'est quelque chose de nouveau sur. On a une force qui est un vrai projet écologiste et qu'on va mettre en regard avec tout ce que le maire de Nice a pu faire et qu'il défend comme écologiste". 
 
Juliette Chesnel, conseillère municipale EELV à Nice / © France Télévisions
Juliette Chesnel, conseillère municipale EELV à Nice / © France Télévisions


L'union au premier tour


Ce qui est nouveau, c’est donc cette liste d’union autonome des écologistes au premier tour. Il y aura en son sein des petits mouvements :
 
Et puis les partis plus connus :
 
Des discussions sont encore en cours, mais c’est Jean-Marc Governatori qui devrait mener cette liste d’union avec Juliette Chesnel. "On a montré en 2009, en 2015 et en 2019 que lorsqu'elle est unie c'est là qu'elle fait les meilleurs score. Donc il était capital que dans la 5eme ville de France elle soit unie".
 
Jean-Marc Governatori, co-secrétaire national de l’Alliance écologiste indépendante. / © France Télévisions
Jean-Marc Governatori, co-secrétaire national de l’Alliance écologiste indépendante. / © France Télévisions


Le PS isolé


A gauche, celui qui est le plus amer, c’est Xavier Garcia, Premier Secrétaire de la Fédération PS 06. Il a publié le communiqué suivant :

"Convaincu que le rassemblement de la gauche et des écologistes était absolument nécessaire - voire vital - pour être acteurs de cette élection municipale, j'ai pris mes responsabilités et ouvert des discussions avec les partenaires qui étaient opposés à une nouvelle candidature de Patrick Allemand comme tête de liste.

Bien qu'il y ait eu des divergences sur les contours et la méthode du rassemblement, une volonté partagée existait.  EELV a finalement opté pour une alliance avec Jean-Marc Governatori sur la foi d'un sondage, dont on peut douter de la fiabilité, commandé par lui et pour lui.

Dans ces conditions, ma candidature à l'investiture socialiste n'a plus aucun sens. Il appartiendra au candidat investi - Patrick Allemand ou Chaama Graillat - de construire un large rassemblement de la gauche sans une partie des écologistes. J'y contribuerai sans états d'âme."
 
Xavier Garcia, premier secrétaire du Parti Socialiste des Alpes-Maritimes. / © France Télévisions
Xavier Garcia, premier secrétaire du Parti Socialiste des Alpes-Maritimes. / © France Télévisions

Xavier Garcia réagit avec humour sur son compte Twitter avec cette publication d'une vidéo accompagnée d'un commentaire : "Ma grand-mère, 95 ans, hier soir. J’espère avoir pris le maximum de ses gènes et peut-être que je vivrai assez longtemps pour voir la gauche s’unir à #Nice06 !
 
 

Patrick Allemand revient à l'attaque


Le candidat investi sera donc sans surprise Patrick Allemand. Un scénario déjà vu à Nice. Patrick Allemand qui explique que cette fois-ci sa méthode sera différente.

Pour conseiller municipal et métropolitain PS de Nice "Depuis trois ans je travaille sur une plateforme expérimentale citoyenne qui s'appelle Nice au coeur. Des collectifs qui ont associé les citoyens et qui se sont révélés sur la longueur efficaces.

Je crois à cette méthode là et je pense qu'aujourd'hui ce n'est plus le moment des sigles politiques, c'est le moment d'autre chose et c'est à cette aspiration profonde qu'il nous faut répondre
".
 
Patrick Allemand, conseiller municipal et métropolitain PS de Nice. / © France Télévisions
Patrick Allemand, conseiller municipal et métropolitain PS de Nice. / © France Télévisions

Aujourd’hui, avec cette liste autonome des Verts, on peut se poser la question de la présence de la gauche au second tour à Nice. Robert Injey, représentant niçois du Parti Communiste Français réagit à cette annonce de manière froide :

"Dix adhérents d'EELV Nice ont décidé que la rassemblement de la gauche à Nice étant compliqué il fallait mieux s'allier avec un écologiste de droite, Governatori. Pitoyable quand la division de la gauche à Nice peut laisser Estrosi, Ciotti (?) Vardon seuls au conseil municipal"
 

On devrait connaître bientôt la position des communistes, très tentés de faire une liste propre avec La France Insoumise.

Communiqué de Robert Injey (PCF) suite à cette annonce d'union écologiste

"N’abandonnons pas Nice et la Métropole aux Estrosi, Ciotti et autres Vardon! A moins de cinq mois des échéances municipales à Nice, le spectacle qu’offre la gauche est assez désespérant. 

La décision d’EELV de s’allier avec un écologiste de droite, Jean Marc Governatori, personnage au parcours très éloigné des combats pour l’émancipation humaine, nous laisse songeur et illustre, une nouvelle fois, que le pire en politique est toujours possible. Cette décision fragilise la tentative de large rassemblement que nous souhaitons engager sur Nice. 

Force est de constater qu’entre les décisions des uns, les appels et les intentions des autres, nous nous dirigeons allègrement vers le scénario catastrophe: celui où la gauche serait absente du second tour et donc au final du conseil municipal (...).

Face à cette nouvelle situation d’éclatement de la gauche depuis samedi, de manière persistante nous allons une nouvelle fois tenter de rassembler ce qui peut l’être, comme cela s’est fait à Marseille. C’est à dire: des citoyens engagés aux communistes en passant par les insoumis, les socialistes et les écologistes qui refusent l’alliance avec Governatori.  

Le défi est de taille, mais l’urgence de la situation exige que nous tentions tout ce qu’il est possible. C’est le sens de l’appel que nous lançons aux forces politiques et à des citoyens engagés, qu’ils soient pour ou contre un large rassemblement. Nous leur proposons que nous nous rencontrions, tous ensemble,  pour explorer la possibilité que l’unité l’emporte pour répondre à la nécessité des combats à mener contre Estrosi, Ciotti Vardon.
Cette rencontre pourrait avoir lieu  mardi 29 octobre 

Pour résumer notre état d’esprit aujourd’hui face de la situation de la gauche à Nice,  ces vers d’Aragon nous reviennent en tête:

«Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat»"

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