A Nice, des migrants qui n'ont pas pu déposer une demande d'asile font appel à la justice

 Cédric Herrou, figure de Roya citoyenne, ce jeudi / © F3
Cédric Herrou, figure de Roya citoyenne, ce jeudi / © F3

Le tribunal administratif de Nice jeudi a examiné jeudi le cas de trois Soudanais qui estiment que leur droit à déposer une demande d'asile en France a été bafoué et qui veulent enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes d'enregistrer leur dossier.

Par Anne Le Hars

À l'issue de deux heures d'audience, le jugement a été mis en délibéré et devrait être rendu sous 24 ou 48 heures.

Ces trois personnes étaient hébergées chez Cédric Herrou, figure de Roya citoyenne, une association d'aide aux migrants à la frontière franco-italienne, lorsqu'elles ont voulu, le 22 août, se rendre en train de Breil-sur-Roya à Nice, pour déposer une demande d'asile, a expliqué devant le tribunal leur avocat Zia Oloumi.

A Nice, des migrants qui n'ont pas pu déposer une demande d'asile font appel à la justice
Interview de Zia Ouloumi Avocat des trois demandeurs d'asile - Marc Bruker

Cependant, une fois arrivés à la gare, ces trois Soudanais, en compagnie d'une dizaine d'autres personnes, dont un mineur, ont été emmenés pour vérification au poste de Menton et immédiatement remis aux autorités italiennes. 

L'association Roya Citoyenne a filmé, puis mis en ligne, une vidéo de ce nouvel épisode de la guerre que se livrent les militants associatifs et les pouvoirs publics sur la question de l'accueil des migrants.

Aux trois plaignants, qui sont revenus depuis en France et attendent le jugement  du tribunal administratif dans la ferme de Cédric Herrou, les services de l'Etat,
par la voix du responsable local de la Police aux frontières (PAF), ont de nouveau expliqué la procédure qui s'applique aujourd'hui.


Elle est issue du rétablissement du contrôle aux frontières du 13 novembre 2015, qui oblige à "non-admettre" toute personne arrêtée à la frontière ou à un point de passage obligé (PPA), dont la gare de Breil-sur-Roya fait partie, si cette personne ne remplit pas les conditions pour entrer sur le territoire national. 


Selon Me Zia Oloumi, la requête actuelle est du même ordre que celle déposée en mars dernier, devant le même tribunal administratif, par une famille érythréenne qui s'estimait lésée dans ses droits. Le préfet des Alpes-Maritimes avait alors été condamné pour "atteinte grave au droit d'asile".
Assistant à l'audience en compagnie de nombreux autres militants, Cédric Herrou a exprimé son souhait de voir le préfet de nouveau condamné :

"On est là pour ça, pour que ces personnes puissent dignement, à la frontière, faire une demande d'asile".

Condamné récemment en appel à quatre mois de prison avec sursis, l'agriculteur est par ailleurs mis en examen pour transport de personnes en situation irrégulière. - Avec AFP

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