Le Niçois Zelim Khadjiev éliminé des Mondiaux de lutte

Le lutteur niçois Zelimkhan Khadjiev. / © Maxppp
Le lutteur niçois Zelimkhan Khadjiev. / © Maxppp

Le Français Zelimkhan Khadjiev inscrit au club de lutte de Nice, a été arrêté dans la première manche en repêchage des Mondiaux de Paris contre Ali Shabanau ce week-end. Retour sur le parcours de ce champion.

Par @annelehars

Zelimkhan Khadjiev a été battu par le Biélorusse Ali Shabanau en repêchage des -74 kg des championnats du monde, samedi 26 août à l'AccorHotels Arena, à Paris. Mené de dix points (0-10), il a été automatiquement arrêté dans la première manche.


Retour sur le parcours de ce Niçois d'adoption 


Réfugié de Tchétchénie en France à l'âge de dix ans, Zelimkhan Khadjiev a "la lutte dans les gènes" et une obstination qui pourrait le porter vers les sommets, samedi, aux Mondiaux de Paris.

Je n'ai pas encore ramené de médaille pour remercier la France de m'avoir accueilli." 


L'air déterminé, le sportif barbu de 23 ans a terminé, cinquième aux championnats du monde de lutte libre en 2015. Qualifié alors pour les JO de Rio l'an dernier, il n'y a pas dépassé les huitièmes de finale.

"Je m'étais entraîné comme un animal, j'étais chaud chaud chaud", assure le jeune homme.


Niçois d'adoption


Visage fermé, "Zelim" Khadjiev revient sur le traumatisme : "A la dernière seconde, j'ai cédé", reconnaît le lutteur, vaincu par le Japonais Sosuke Takatani. "J'étais très triste."
Une expérience fondatrice dans la carrière du Niçois d'adoption.

Né dans le Caucase russe, Zelimkhan Khadjiev a grandi dans la guerre. Il commence la lutte libre à sept ans : "Chez les Tchétchènes, c'est dans les gènes."

Appâté par les médailles, le garçon progresse vite. A chaque entraînement manqué, "l'entraîneur (l)e frappait avec une corde à sauter", se souvient-il. 
En 2004, sa famille tente de fuir vers la Norvège. Elle sera finalement accueillie à Nice, sur la Côte d'Azur, après trois mois d'errance à travers l'Europe.

Commence alors la formation du jeune prodige en France, au Lutte Club de Nice dans un premier temps. Vainqueur de tous ses combats, il "(s)'ennuie un peu", reconnaît-il 
aujourd'hui. A 14 ans, il intègre l'équipe de France, constituée en partie d'athlètes d'origine tchétchène comme lui. 


Sacrifice


Mais son ambition justifie tous les sacrifices: quitter sa famille niçoise pour rejoindre l'Insep (Institut national du sport, de l'expertise et de la performance) à Paris à 18 ans, repousser son bac pour préparer les JO de Rio en 2016, passer  un contrat avec l'armée pour s'assurer un revenu régulier. 

Zelimkhan Khadjiev lance toutes ses forces dans la lutte, qu'il pratique avec "un mental d'acier", dixit ses coéquipiers du pôle France de la Fédération.

"Il s'énerve vite mais il n'abandonne jamais", confie son ami Ilman Mukhtarov, lui aussi d'origine tchétchène. "On l'appelle +le TGV+. Il pousse énormément: quand il attrape la jambe, personne ne peut lui résister."

C'est l'ami de tout le monde", assure Ilman Mukhtarov. "On sait que c'est le meilleur, tout le monde veut prendre exemple sur lui." 


Mais difficile d'assumer son statut de "plus grande chance de médaille" : "Il y a des jours où il va douter, il va perdre des points à vouloir trop bien faire", regrette son coéquipier de lutte libre. 

Ces "doutes", "on travaille à les enlever", promet son entraîneur, Luca Lampis. Et d'exiger: "Il doit faire une médaille, on compte sur lui."
- Avec AFP

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