Des étudiants agressés par un groupe d'extrême-droite sur un campus de Nice

Un groupe de six jeunes masqués a violemment agressé des étudiants qui tenaient le stand Solidaires sur le campus de Nice mardi 1er septembre. L'un des étudiants blessé va porter plainte ainsi que l'université Côte d'Azur.

Malgré l'agression dont ont été victimes des étudiants du syndicats Solidaires mardi 1er septembre, le stand a été réinstallé ce mercredi sur le campus de Nice. © Djamel Mouaki - FTV
En cette période de rentrée, mardi après-midi, les étudiants du syndicat Solidaire tenaient un stand d'information sur le campus Carlone de Nice. Tout à coup, six jeunes ont foncé sur le stand, renversé la table et tabassé un étudiant. Après avoir volé la banderole syndicale antifasciste, ils sont partis en criant :"Nationalistes !" Les jeunes sont difficilement reconnaissables : ils portaient un masque contre le Covid, des lunettes de soleil et des casquettes.

Nez cassé


La scène n'a duré que quelques secondes mais elle a été très violente. Deux d'entre eux ont été blessés, dont l'un sérieusement : il a eu le nez cassé et il boite encore aujourd'hui. Les jeunes étudiants ont eu l'impression qu'un "commando" leur avait foncé dessus. Une scène immédiatement relayée sur les réseaux sociaux. 

"Comportement incacceptable"

 
L'un des étudiants agressés et le président de l'université Côte d'Azur, Jeanick Brisswalter, vont porter plainte. Le président dénonce "un comportement inacceptable", il a réagi ce matin : 
 

Immédiatement, l'université a condamné fermement cette agression et ces agissements qui sont totalement contraires aux valeurs de l'université. L'université c'est un lieu de production de savoirs, c'est un lieu de débats d'idées qui sont souvent contradictoires et donc des agissements violents sont complètement à l'opposé de ces principes (...) Nous avons donné aux forces de police l'ensemble des enregistrements vidéo. Nous portonts plainte pour soutenir nos étudiants et puis pour soutenir les valeurs de l'université.  

Jeanick Brisswalter, président de l'université Côte d'Azur. 

L'université est toujours en plan Vigipirate, c'est pourquoi il existe des images précises de l'agression. Le président précise que les jeunes impliqués dans cette agression ne sont pas étudiants et donc pas présents habituellement sur le campus de l'université. 

"L'ombre des années 1990/2000"


Dans un communiqué de presse publié sur le compte Facebook de Solidaire de l’intersyndicale (CGT – FSU – SUD), les syndicats redoutent "l'ombre des années 1990/2000" avec des groupuscules d’extrême-droite (GUD, Unité-Radicale, Identitaires). Ils apportent leur soutien à Solidaires Etudiant.e.s. et précisent  :
 

Nous appelons l’Université et la justice à prendre toutes les dispositions nécessaires contre les agissements des groupuscules violents sur les campus niçois et à défendre l’intégrité physique des étudiants ainsi que leur liberté syndicale. De toute évidence les mesures prises depuis plusieurs années sont contre-productives : elles contraignent les libertés de circulation et de débat de la communauté universitaire, créent un climat de suspicion et n’empêchent en rien les exactions des racailles violentes d’extrême-droite.

L’intersyndicale (CGT – FSU – SUD)

Appariteurs supplémentaires


Ce mercredi, les étudiants ont tenu à remonter leur stand et ressorti une autre banderole antifasciste. Même si un campus doit rester ouvert, l'université a pris des mesures : les contrôles de sécurité aux abords du campus ont été renforcés. Deux appariteurs supplémentaires filtrent dorénavant les accès. Entre le plan Vigipirate et le Covid, la rentrée universitaire était déjà compliquée à gérer, l'université doit aussi tenir compte des phénomènes de violence. 
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