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Le procureur de Nice muté et rétrogradé après l'affaire Legay

Le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre, lors d'une conférence de presse au Palais de justice de Nice, le 19 janvier 2017 / © Valery Hache / AFP
Le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre, lors d'une conférence de presse au Palais de justice de Nice, le 19 janvier 2017 / © Valery Hache / AFP

Jean-Michel Prêtre devrait quitter son poste de procureur de la République de Nice. Selon nos confrères de Libération, il a été proposé par le ministère de la justice, au poste d'avocat général auprès de la cour d'appel de Lyon.

Par Denise Delahaye

Cette mutation sonne comme une rétrogradation du procureur de Nice selon le quotidien "puisqu'il ne sera plus à la tête d'un parquet mais désormais soumis aux ordres d'un procureur général". Le Conseil supérieur de la magistrature devrait donner son aval début Septembre. Cette proposition intervient après la mise en cause du magistrat dans l'affaire Geneviève Legay.
 


Geneviève Legay, l'affaire de trop


Geneviève Legay est une militante de l'association ATTAC,  âgée de 73 ans, gravement blessée lors de la manifestation interdite des gilets jaunes, le 23 mars dernier. Jean-Michel Prêtre avait déclaré lors d'une conférence de presse "qu'elle n'a pas été touchée par les forces de sécurité".

Ci-dessous, la vidéo de la conférence de presse du procureur de Nice du 25 mars 2019

Deux jours plus tard, il est contraint de revenir sur ces premiers propos et déclare lors d'une audition menée par le procureur général d'Aix-en-Provence "au regard des images extrêmement détaillées, on peut dire d'une manière certaine que le policier a bien poussé". 

Le magistrat avoue alors avoir menti " de sa propre initiative" pour ne pas embarrasser le président de la République qui avait précédemment affirmé que Geneviève Legay n'avait pas été touchée par la police. 

De plus, Jean-Michel Prêtre avait confié l'enquête à la compagne du commissaire mis en cause dans l'affaire de la militante. L'enquête a été dépaysée au tribunal de Lyon. 

Mais aussi l'affaire Omar Raddad, la succession du Negresco et l'enquête sur l'attentat de Nice

Le magistrat possède des antécédents. En 2009, le site Médiapart indiquait que Jean-Michel Prêtre avait été soupçonné d’avoir fait de fausses déclarations au sujet d’une perquisition dans une enquête sur le meurtre d’un syndicaliste, alors qu’il était en poste en Guadeloupe.

Durant 4 ans à Nice, Jean-Michel Prêtre a géré des dossiers sensibles, éveillé des soupçons et suscité des critiques.

Tout d'abord, il y a eu l'affaire Omar Raddad. En 2014, suite à la réforme de la procédure de révision, le jardinier marocain avait demandé des analyses génétiques des scellés de la porte sur laquelle Ghislaine Marchal avait écrit. Une des empreintes identifiées pouvait être rapprochée de celle d'un individu du Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). Le procureur de Nice avait clôt les recherches ADN.

On est au bout du bout de ce qui peut avoir une pertinence pour une éventuelle requête ultérieure en révision dans ce dossier

L'avocate de la défense dénonçait alors le manque de transparence du magistrat.


A la suite de l’attentat du 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais, qui a fait 86 morts et une centaine de blessés, 23 familles ou proches de victimes avaient déposé plainte contre l'Etat et la municipalité de Nice pour mise en danger de la vie d'autrui. Chargé des premières investigations sur le dispositif de sécurité, Jean-Michel Prêtre a rapidement classé l’enquête .

 aucun fait de nature à engager une quelconque responsabilité pénale à l'encontre de quiconque ne pouvait être retenu

En décembre 2018, dans le cadre de la succession de l'hôtel Negresco, Médiapart révélait que le bureau et le domicile du procureur de Nice avaient été perquisitionnés. Jean-Michel Prêtre était soupçonné d'avoir joué un rôle dans la transaction d'un montant de plusieurs millions d’euros, et d'avoir favorisé un repreneur en saisissant le tribunal de commerce. Le site relève que ces différentes affaires "mettent en lumière les curieuses méthodes du procureur de la République de Nice".

 

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