Remous dans la communauté musulmane après le soutien de Boubakeur à Estrosi

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La présence du recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, au comité de soutien de Christian Estrosi (Les Républicains) pour les régionales en Paca suscite des remous dans la communauté musulmane, en raison des déclarations du maire de Nice sur la "cinquième colonne" islamiste.

L'élu LR a présenté le 22 octobre un comité de soutien comportant le nom de Dalil Boubakeur, président d'honneur du Conseil français du culte musulman (CFCM) et recteur de la Grande mosquée de Paris (GMP), proche de l'Algérie. Or le maire de Nice est parfois vivement contesté dans la communauté musulmane, notamment en raison de ses propos, après les attentats jihadistes de janvier à Paris, sur la présence supposée d'une "cinquième colonne" islamiste sur le sol français.

"Cinquième colonne" islamiste

Mercredi soir, lors d'une cérémonie à Paris, Dalil Boubakeur a été interpellé par Chafia Mentalecheta (UFDS, social-démocrate), l'une des quatre députés de la communauté algérienne établie en France. "En tant que recteur, ce soutien pourrait sous-entendre que les musulmans de France et les Algériens de France seraient dans le même état d'esprit que Boubakeur: c'est complètement faux", a confié à l'AFP la parlementaire, qui considère que le maire de Nice n'est "pas particulièrement cordial et agréable" avec les musulmans.

"J'ai dit à Boubakeur que son attitude était honteuse, ça ne lui a pas plu, il m'a répondu par l'invective", a ajouté la députée. Interrogé par l'AFP, Dalil Boubakeur a mis en avant sa "liberté d'opinion", celle d'un "homme averti et d'un Niçois qui voit les projets que M. Estrosi a donnés à la communauté musulmane de Nice". "Il a fait ériger cinq mosquées à Nice alors qu'il n'y en avait pas du tout", a-t-il fait valoir.

"Une mesure de prudence"

"Ce serait une catastrophe que la région tombe entre les mains du Front national (représenté par Marion Maréchal-Le Pen, ndlr), c'est le mieux placé pour faire barrage", a argumenté le recteur de la GMP, assurant que sa présence dans le comité de soutien est "une mesure de prudence plus qu'une approbation".
La démarche de Dalil Boubakeur embarrasse jusqu'au sein de la GMP. "Cela n'engage que sa personne en tant que résident à Nice, mais ni la Grande Mosquée de Paris, ni le CFCM. Les gens réagissent sur les réseaux sociaux: il le sait, on le lui a dit", a indiqué le secrétaire général du CFCM, Abdallah
Zekri, délégué de la GMP.