Robert Namias, nouveau capitaine du groupe Nice-Matin, bouleverse la une

Robert Namias, nouveau capitaine de la coopérative de salariés Nice-Matin depuis lundi, entend chambouler la une des titres papier, pousser pour plus d'enquêtes et dynamiser les alertes sur internet, a-t-il indiqué. Il était l'invité du journal de France 3 Côte d'Azur lundi soir.

Par OLivier Le Creurer avec l'AFP

"La une est assez profondément renouvelée", a annoncé Robert Namias. "L'idée est d'avoir un titre de une plus fort, illustré par la photo centrale." Une colonne déroulera en outre clairement les titres des pages intérieures, pour les 14 éditions locales de Nice-Matin, Var-Matin et Monaco-Matin.

"Nous réintroduirons plus d'enquêtes locales et régionales, des vraies enquêtes de terrain valorisant les initiatives",

a précisé le nouveau patron. L'ancien directeur de l'information de TF1 cumule à Nice-Matin les responsabilités de président du directoire, directeur des publications et directeur des rédactions. Il sera secondé par Denis Carreaux, directeur délégué de la direction de la rédaction.
Robert Namias invité du journal

Un éditorial

Robert Namias a prévu également "un éditorial d'une colonne avec les plus grandes signatures de la presse nationale", par exemple Michèle Cotta, Claude Weil ou Bruno Jeudy. Sur internet, la réflexion démarre tout juste sur le savant dosage à adopter entre le payant et le gratuit, avec la collaboration de deux experts. "L'objectif est aussi d'installer au coeur de la rédaction un desk pluri-média", a indiqué Robert Namias. La direction entend déjà développer sur internet les alertes sur toutes les informations locales et régionales, en y ajoutant des alertes nationales.

Le 7 novembre, le tribunal de commerce de Nice avait choisi, pour la reprise du groupe de presse en difficulté, la société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) qui a coiffé au poteau le géant des médias belge Rossel. Ce dernier prévoyait de remercier un tiers des effectifs.

Côté finances, "tout a été calculé dans le projet de coopérative pour qu'il n'y ait pas de problème", a assuré Robert Namias,


qui entend "respecter l'engagement" fait au tribunal de ne procéder à aucun plan social dans les cinq ans.
"Nice-Matin a des actifs très importants", a-t-il jugé. Pour développer la société, "nous n'hésiterons pas à faire appel à des investisseurs extérieurs", a-t-il ajouté. Selon lui, "les 159 départs volontaires, dont 37 membres de la rédaction, permettent un allègement rapide de la masse salariale, à condition qu'ils s'accompagnent de réductions des dépenses dans toute l'entreprise". Toutes les voitures de fonction vont, par exemple, être supprimées.
"Tous ces salariés qui se sont battus pour leur entreprise sont eux-mêmes très conscients des efforts qu'ils vont devoir faire dans les mois qui viennent", a souligné Robert Namias.

"Avec cette forme de coopérative, mes employés sont mes actionnaires, un atout considérable."

Les 50% détenus par le groupe dans le journal Corse-Matin ont été vendus dès lundi pour 4 millions d'euros à La Provence, propriété de l'homme d'affaires Bernard Tapie, qui contrôle désormais 100% du quotidien insulaire.

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