Un Russe arménien accusé de double homicide à Nice : Repas arrosé ou règlement de comptes

Salle d'audience du tribunal de Nice (Archives) / © France 3 Côte d'Azur
Salle d'audience du tribunal de Nice (Archives) / © France 3 Côte d'Azur

Ando Sarkisian, un Russe arménien de 37 ans, comparaît devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes pour le double meurtre en mai 2011 de deux figures très influentes des communautés arménienne et tchétchène de Nice, un crime dont le motif reste mystérieux.

Par Yves Lebaratoux avec AFP

L'homme avait exprimé ses craintes de représailles, notamment de la part de la communauté tchétchène, mais sa requête d'un procès à huis-clos n'a pas été acceptée.
La nuit du 6 mai 2011, deux hommes étaient retrouvés morts de deux balles chacun de 22 long rifle après un repas particulièrement arrosé sur le balcon du petit appartement niçois loué par Sarkisian.
Il s'agissait de l'Arménien Edvard Margaryan, considéré par la police comme le représentant à Nice de la communauté criminelle de "voleurs dans la loi" (mafia de l'ex-URSS). L'homme habitait à Barcelone mais chapeautait peut-être encore la communauté arménienne de Nice, où habitaient ses enfants.
La deuxième victime était le Tchétchène Abdul Erzanukaev, soupçonné d'avoir été à l'époque le responsable et "juge de paix" de la communauté tchétchène à Nice.
Arrivé en 2000 en France pour se mettre au vert après une affaire de blanchiment en Autriche, il n'avait jamais travaillé mais menait un train de vie luxueux, roulant dans une Mercedes offerte par un ami.
Les deux enquêteurs de police qui ont défilé à la barre n'ont émis aucun doute sur la culpabilité d'Ando Sarkisian dans ce double meurtre (même si le prévenu n'a avoué qu'un seul crime mercredi depuis le box). Ils avaient notamment retrouvé des "résidus de tirs" sur son T-shirt et ses mains, ainsi que des traces d'ADN sur des cartouches.
L'accusé avait été interpellé dans la rue peu après le double homicide, accompagné de ses deux jeunes enfants. Le soir du crime, il était le plus alcoolisé des trois hommes avec un taux de 1,44 gramme d'alcool par litre de sang.
Son épouse, en instance de divorce pour violences conjugales sur fond de surconsommation d'alcool, était en Ukraine au moment des faits. Elle décrit son mari comme un ancien toxicomane prenant de la méthadone et vivant d'une allocation handicapé. Le couple était arrivé en France en 2002.
Une violente bagarre avait opposé (un mois avant le double homicide) Sarkisian à un autre membre de la communauté arménienne. L'affaire obsédait Sarkisian, au point qu'il était allé à Paris demander l'arbitrage d'un "voleur dans la loi".
Le soir du drame, les deux invités auraient potentiellement essayé de l'extorquer de sa voiture, une Jeep Cherokee, a-t-il affirmé.
L'affaire est-elle liée à un règlement de comptes, à des querelles inter-communautaires ? La thèse d'une beuverie qui aurait mal tourné reste l'hypothèse privilégiée par les enquêteurs.
Le procès, prévu jusqu'à demain, lèvera peut-être le voile.

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