Salon de l'agriculture : à Belvédère dans les Alpes-Maritimes, le musée du lait perpétue la mémoire des savoir-faire d’antan

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Écrit par Eliane Tourtet avec Anne-Lise Pannetier

Dans la vallée de la Vésubie, à Belvédère, le musée du lait s’est installé dans l’ancienne coopérative.

Créée en 1911, la coopérative a malheureusement fermé ses portes dans les années 1980. Emile Franco l’a connue en activité. Celle-ci jouait un rôle essentiel dans la collecte du lait des différents producteurs. Elle fonctionnait d’octobre à mai quand les vaches étaient au village.

" C’était à l’époque le principal revenu des agriculteurs de Belvédère. " 

Chaque apporteur possédait un petit carnet sur lequel on notait les livraisons. La coopérative de Belvédère pouvait traiter entre 2000 et 3000 litres de lait par jour.

Un patrimoine et des savoir-faire

Jean-Paul Faraut, est issu d’une famille de Belvédère. Il s’intéresse au patrimoine et aux savoir-faire.
Emile Franco lui, fait visiter le musée. A l’époque les tanks à lait réfrigérés n’existaient pas, mais la coopérative avait trouvé une solution astucieuse pour le conserver. " Grâce à l’eau du canal du moulin, qui passait en dessous, le lait était réfrigéré pendant la nuit. "
Tous les jours, le lait partait vers la coopérative de Nice.

Un peu de nostalgie

La coopérative était un lieu de vie central dans un pays où les gens vivaient principalement de l’agriculture. " Tous les soirs nous venions ici, nous rencontrions des gens. Chacun racontait ses histoires. Cela créait un lien d’amitié ".
Le musée dispose d’une grande collection d’objets et d’ustensiles nécessaires à la fabrication du fromage : marmite, spatules ou faisselles.

En alpage

Ce savoir-faire perdure aujourd’hui. Jean-Paul Faraut nous conduit à la rencontre de Daniel Giuge dans les pâturages de montagne, à Férisson sur les hauteurs de Belvédère. Les vaches y sont en liberté durant l’été.
Daniel Giuge est berger depuis toujours. " Il faut être né dans ce métier ou ce n’est pas la peine de le faire ". 
Férisson est loin du village, mais cela vaut la peine d’y passer la belle saison pour les vaches, pour le lait et pour le fromage qu’on en fera. " Le plus important premièrement, c’est le pâturage, la qualité de l’herbe et après il faut le tour de main. " 
Il a appris des anciens, qui lui ont montré comment faire le fromage quand il était jeune. Pour lui, c’est une vocation. " Je suis né parmi les vaches et je mourrai parmi les vaches ".
Le musée du lait se visite. Loin de la production laitière d’aujourd’hui, il rappelle la vie pastorale d’antan. Il met en valeur des savoir-faire toujours actuels, garants de fromages de qualité.

Voir le reportage en langue d’oc réalisé pour l’émission Vaqui