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Arrêté anti-pesticide : des maires de la région Paca se mobilisent

22/08/2019- Manifestation de soutien au maire de Langouët (Ille-et-Vilaine), premier élu à prendre un arrêté interdisant les pesticides sur sa commune. / © AFP
22/08/2019- Manifestation de soutien au maire de Langouët (Ille-et-Vilaine), premier élu à prendre un arrêté interdisant les pesticides sur sa commune. / © AFP

En juillet, la maire de Revest-des-Brousses dans les Alpes-de-Haute-Provence a fait voter un arrêté anti-pesticide. Mardi, le maire de Puy-Saint-André dans les Hautes-Alpes a pris le même arrêté. Et en octobre dans les Bouches-du-Rhône, Gignac-la-Nerthe va suivre le mouvement.

Par Marc Civallero

En mai dernier, Daniel Cueff, maire de Langouët, dans le département d'île-et-Vilaine a pris un arrêté interdisant les pesticides à moins de 150 m des habitations, un arrêté suspendu par la justice administrative.

Depuis, selon des élus et des militants associatifs, une cinquantaine de communes en France luji ont emboîté le pas et pris des arrêtés anti-pesticides pour protéger leurs communes. La région Paca s'est inscrite dans le mouvement.

Revest-des-Brousses : "Nous menons une cause juste"

En juillet dernier, Brigitte Reynaud, maire de Revest-des-Brousses, petite commune des Alpes-de-Haute-Provence a voté avec les élus du conseil municipal l'interdiction pure et simple des pesticides.

Cet arrêté interdit l'usage des produits phytopharmaceutiques. Des produits que la commune souhaite bannir dans un périmètre de 500 mètres autour des habitations, des bâtiments professionnels, des puits de captage, des sources et des cours d'eau. 
 
De son côté la préfecture a donné deux mois à la mairie pour annuler cette décision estimant que cet arrêté est "entaché d'illégalité". 

Je ne retirerais pas mon arrêté, je suis prête à aller devant le tribunal administratif.

"Mon arrêté est légal, répond Brigitte Reynaud, je ne fais pas preuve de désobéissance civile". La maire s'abrite derrière le fait "qu'en matière de protection de ses administrés le maire peut se substituer à l'Etat."

"Je ne retirerais pas mon arrêté, je suis prête à aller devant le tribunal administratif", indique Brigitte Reynaud.

"On essaie de faire comprendre à l'Etat et à l'Europe qu'il faut aider les agriculteurs conventionnels à changer de cap (...). Nous ne sommes pas contre les agriculteurs, on a vraiment envie de se mettre autour d'une table pour trouver des solutions, on doit amorcer ce virage tous ensemble."

Puy-Saint-André : "On se doit de réagir en tant qu'élu"

Mardi 10 septembre, Pierre Leroy, maire de Puy-Saint-André, petite commune sur les hauteurs de Briançon dans les Hautes-Alpes a également décidé de prendre le même arrêté

"Il y a urgence à protéger les abeilles et la biodiversité, les intérêts sanitaires des personnes susceptibles d'entrer en contact avec les pesticides et les intérêts economiques des apiculteurs", précise l'édile dans son arrêté.

Pierre Leroy n'a pas fixé de distance minimum d'utilisation de pesticides, l'arrêté couvre la totalité de la commune. Une facilité pour ce maire, qui reconnaît que "les agriculteurs de [sa] commune n'utilisent pas de produits phytosanitaires".

Gignac-la-Nerthe : "Préserver la santé des habitants"

Et ce sera au tour de Gignac-la-Nerthe dans les Bouches-du-Rhône, d'emboîter le pas aux deux communes. Lors du prochain conseil municipal d'octobre, son maire Christian Amiraty, a décidé de mettre à l'ordre du jour l'interdiction des pesticides.

"Je souhaite signer un arrêté contre les pesticides de synthéses sur l'ensemble du territoire communal, soit sur 341 hectares de terres agricoles sur les 864 hectares que comptent la commune".

"Pour moi ce n'est pas une question de distance, nous voulons une commune entièrement bio", ajoute-t-il.

"Quand on voit la cartographie de Gignac, on se rend compte que nos terres agricoles sont dans la ville, les maires ont l'impératif de préserver la santé des habitants".

Reste encore à trouver l'adhésion des agriculteurs. "Bien souvent, les zones agricoles étaient là bien avant les maisons, qui ont grignoté cet espace", estime Romain Blanchard, agriculteur sur la commune.

"On ne peut pas raisonner en mettant en place ce genre de limite, il faut le faire en bonne intelligence."

La FNSEA, principal syndicat de la profession agricole, a indiqué soutien aux "solutions locales" pour encadrer les épandages de pesticides.

Une consultation publique lancée

Le gouvernement a lancé lundi une vaste consultation publique sur les distances minimales à respecter entre habitations et zones d'épandage de pesticides.

Cette consultation en ligne, d'une durée de trois semaines et ouverte à tous, porte sur les distances minimales à respecter entre habitations et zones d'épandage de produits phytosanitaires agricoles dans tous les départements où aucune charte locale n'aura été signée.

Elle durera jusqu'à fin septembre, et ses résultats seront analysés et dépouillés pendant deux mois afin d'élaborer un décret qui doit entrer en application le 1er janvier 2020.

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