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Attaque du bus de Dortmund lors du match contre l'ASM : les contours du procès se dessinent

Les joueurs de Dortmund, escortés par la police après l'attentat de leur bus, le 11 avril dernier. / © Patrik STOLLARZ / AFP
Les joueurs de Dortmund, escortés par la police après l'attentat de leur bus, le 11 avril dernier. / © Patrik STOLLARZ / AFP

Le procès du suspect, Sergueï W., commence aujourd'hui en Allemagne. Les victimes, encore traumatisées, feront face à un accusé motivé par des raisons financières. 

Par Avec AFP

Le 11 avril dernier, l'AS Monaco se prépare à jouer un match contre le club du Borussia Dortmund, qui les accueille à domicile. 3 000 supporters azuréens ont suivi leur équipe en Allemagne pour ce soir de ligue des champions. Le même jour, l'équipe allemande est visée par un attentat : leur bus est la cible d'engins explosifs. 

Un accusé motivé par l'argent


Le suspect, Sergueï W., doit répondre de 28 tentatives d'assassinat, contre les passagers du bus mais aussi un motard de l'escorte policière. Le procès devrait durer trois mois : 18 audiences sont prévues, étalées jusqu'au 28 mars. Plusieurs joueurs se sont constitués parties civiles, même si l'AFP juge "peu probable" qu'ils viennent déposer eux-mêmes.

Sergueï W. avait bien tenté de brouiller l'enquête, en laissant sur place des lettres amenant à la piste du terrorisme islamique. Les pistes d'un attentat de l'extrême droite, puis de l'extrême gauche allemandes, avant de s'orienter finalement vers le jeune homme de 28 ans.

Ses motivations ne risquent pas d'adoucir la peine qu'il encourt, la prison à perpétuité. En effet, le plan du jeune homme était de tuer plusieurs joueurs pour faire chuter en bourse les actions du club, contre lesquelles il avait spéculé à la baisse. L'acte d'accusation précise qu'il aurait pu gagner "jusqu'à 506 275 euros".  

Attentat manqué, vrai traumatisme


Sergueï W. n'aura pas atteint son but, puisqu'aucun mort n'est à déplorer dans cette attaque. Il avait dissimulé dans une haie trois engins explosifs remplis de clous. Mal positionnés, ils n'ont fait "que" deux blessés : le motard du service d'escorte, dont les tympans ont été endommagés, et le défenseur espagnol Marc Bartra.

Celui-ci a été blessé au poignet mais l'un des clous projetés par l'explosion s'est fiché dans l'appui-tête de son siège. Selon les experts, il a échappé à la mort à quelques centimètres près. 

S'il n'y a pas eu de morts, plusieurs joueurs s'affirment encore traumatisés par l'épisode. Matthias Ginter, alors ailier droit pour le club, l'a raconté : un pétard qui explose en tribune, un véhicule qui passe trop près du bus lors d'un déplacement, "et tout le cinéma se remet en marche dans [sa] tête". 

Ce nécessaire procès risque d'ailleurs de raviver des souvenirs douloureux. "J'ai parlé avec des psychologues, a expliqué le patron du Borussia, Hans-Joachim Watzke. Ils disent que le risque (de perturbations psychologiques) est élevé justement six ou sept mois après un tel attentat". Une aide psychologique sera d'ailleurs mise à la disposition de ceux qui le souhaitent durant toute la durée du procès. 


Des conséquences sur le club


En plus de l'impact humain, l'attentat a également eu des conséquences sur le club de football de Dortmund. En accord avec la direction du club, le match avait été reporté de seulement vingt-quatre heures. 

Les joueurs, traumatisés, ont été battus, et éliminés de la Ligue des champions une semaine plus tard. L'entraîneur Thomas Tuchel s'en est pris aux dirigeants, notamment Mr Watze, estimant qu'il était inhumain d'avoir fait jouer le match le lendemain de l'attentat, alors qu'on n'avait aucune indication sur les motifs ou l'auteur de l'attaque.

Ajouté à d'autres dissenssions, ce différend a mené à l'éviction de Thomas Tuchel en fin de saison, alors qu'il venait de remporter la coupe d'Allemagne. 

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